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L’agriculture consomme trop d’eau

Crop Irrigation using the center pivot sprinkler system
Photo stock.adobe.com (Cecilia Lim)

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En tant que secteur économique, l’agriculture est le plus gros consommateur d’eau au monde. D’ici l’année 2050, le secteur devrait représenter plus de la moitié de tous les prélèvements dans les rivières, les lacs et les aquifères. C’est incroyable. Autrement dit, nos modèles de production actuels ne sont pas durables, loin de là.

Nous avons appris récemment que McCain Foods avait investi 65 millions de dollars dans TruLeaf Sustainable Agriculture et sa filiale en propriété exclusive GoodLeaf Farms, la plus grande exploitation agricole verticale commerciale du Canada. McCain devient ainsi le principal actionnaire de l’entreprise. L’idée est de créer un réseau national de fermes verticales durables qui fourniront des produits frais à plusieurs marchés urbains du pays. C’est exactement le type de projets dont nous avons besoin au Canada.

L’agriculture en environnement contrôlé vise à optimiser les conditions de croissance de toutes les cultures, tout au long de l’année, peu importe les conditions météorologiques. Les technologies disponibles ont parcouru un long chemin, puisqu’elles incluent la culture hydroponique, l’aéroponique et l’aquaponique. Il existe plusieurs façons de cultiver la terre efficacement et en toute sécurité. GoodLeaf utilise des techniques hydroponiques pour produire des légumes-feuilles durables, sûrs, sans pesticides et riches en nutriments, ce que recherchent un nombre croissant de consommateurs.

Les fermes verticales réduisent la consommation d’eau à un simple filet par rapport à d’autres types de production. Elles y parviennent en cultivant des plantes dans des environnements sans terre et sans pesticides sous des lumières artificielles. L’eau évaporée des plantes est captée et réutilisée. De plus, les plantes sont superposées pour économiser de l’espace.

Les fermes verticales utilisent 2 à 4 litres d’eau pour produire 1 kilogramme de tomates. C’est nettement moins qu’une serre ou qu’un champ, dont les besoins en eau atteignent respectivement 16 litres et 60 à 200 litres, selon une recherche de l’Université de Wageningen, aux Pays-Bas.

L’agriculture verticale ne connaît pas non plus de limites en matière de chaîne d’approvisionnement. Une ferme verticale peut fonctionner n’importe où. Pour réduire les exigences logistiques et augmenter la qualité et la fraîcheur des produits, des fermes verticales peuvent être construites dans les villes, dans les banlieues, partout. Le potentiel est considérable, surtout pour un pays comme le Canada, où la volatilité du prix des produits a choqué les consommateurs par le passé. Selon les chiffres de NeilsenIQ, le prix des légumes a augmenté de près de 11% au cours des 12 derniers mois. Certains produits comme les tomates et le chou-fleur ont connu des hausses encore plus élevées. Lorsque certains consommateurs perçoivent les aliments sains comme inabordables, ils fuient et leur alimentation en souffre.

Avec le changement climatique, les fermes verticales peuvent devenir les meilleurs amis de l’humanité, partout dans le monde. L’agriculture de plein air traditionnelle a fait son œuvre, mais elle reste très vulnérable à une variété de facteurs incontrôlables. Le partenariat McCain-GoodLeaf est donc un pas dans la bonne direction. Nous avons accès à de l’eau propre, à une énergie propre et à des terres abordables au Canada, comparativement à d’autres endroits. Tous les éléments principaux d’une agriculture durable sont à notre disposition.

Nous avons beaucoup de rattrapage à faire au Canada, mais cette nouvelle fusion entre McCain et GoodLeaf devrait être considérée comme une bonne étude de cas. Avec la stratégie québécoise d’autonomie alimentaire, tous les éléments sont là pour réinventer l’agriculture.