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Monsieur le recteur, je ne vous crois pas

opinions - facal - jacques frémont, recteur de l'université d'ot
Capture d'écran, uottawa.ca Jacques Frémont

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Monsieur le recteur et vice-chancelier de l’Université d’Ottawa...

Cette semaine, monsieur Paul St-Pierre-Plamondon vous a écrit pour vous demander d’intervenir auprès de monsieur Amir Attaran pour qu’il cesse de vomir régulièrement sur le Québec, et d’appliquer des sanctions proportionnelles aux propos tenus.

Dans la réponse que vous avez envoyée au chef du PQ, vous dites que bien que vous condamniez les propos odieux de ce professeur, vous ne pouvez pas intervenir étant donné que monsieur Attaran s’est exprimé sur son compte Twitter personnel et non en classe.

Vraiment ? 

JE NE VOUS CROIS PAS

Êtes-vous en train de me dire que si monsieur Attaran avait plusieurs fois par jour traité sur son compte Twitter les membres d’une autre communauté – les Noirs, par exemple, ou les gais – d’attardés et de racistes, vous auriez fait preuve de la même neutralité sous prétexte que c’est « Amir Attaran citoyen » qui avait insulté des millions de personnes et non « Amir Attaran professeur » ?

Désolé, monsieur le recteur et vice-chancelier, mais avec tout le respect que je vous dois, je ne vous crois pas une seconde. 

Même pas une demi-seconde.  

En tant qu’ex-président de la Commission des droits de la personne du Québec, vous auriez réagi. Et vite.

Dois-je vous rappeler, monsieur, qu’une autre enseignante de l’université que vous dirigez a été suspendue pour moins que ça ?

Juste pour avoir utilisé un mot « sensible » dans un contexte pédagogique ?

  • Écoutez la chronique de Claude Villeneuve sur QUB radio:

PAS DEVANT LA PORTE !

Vous dites que les opinions de monsieur Attaran ne regardent pas l’Université d’Ottawa car elles ont été proférées hors des murs de votre institution.

Donc, si je suis votre logique, un prof de droit comme monsieur Attaran pourrait être membre d’un parti fasciste ou du KKK, en autant qu’il se contente de vomir sa haine des Noirs et des juifs dans ses heures de loisirs, c’est ça ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

À partir de combien de mètres de son université un prof redevient-il simple citoyen ? Cinq ? Dix ? Vingt ?

C’est comme la cigarette ? 

On peut crier que les Québécois sont tous des tarés à partir de tant de mètres de la porte d’entrée ? Trop proche, c’est considéré comme dangereux ?

Chez toi, ça te regarde ?

Un prof pourrait écrire sur son compte Twitter que toutes les victimes de violence sexuelle l’ont cherché, et personne à l’Université d’Ottawa ne pourrait lui reprocher quoi que ce soit ?

Bien tiens...

Pourquoi j’ai la désagréable impression que vous vous moquez de nous ?

INDIGNATION SÉLECTIVE

Vous savez ce que je pense, monsieur Frémont ?

Que les grands principes que vous brandissez bien haut sont à géométrie variable.

Comme vous l’avez déjà dit : « Les membres des groupes dominants n’ont pas la légitimité pour décider de ce qui constitue une microagression ».

En d’autres mots : seuls les « dominés » peuvent revendiquer le statut de victimes.

Des Québécois blancs qui se font traiter de racistes par un prof d’origine iranienne n’ont pas de raison de pleurer. 

Car ils sont majoritaires sur leur territoire. 

Désolé, monsieur Frémont, mais à mes yeux, et à la lumière de la réponse que vous avez envoyée à monsieur St-Pierre-Plamondon, vous ne méritez pas d’être recteur.

Et je signe : Richard Martineau, chroniqueur ET citoyen.