/misc
Navigation

Pas simple à gérer le vestiaire du CH!

Coup d'oeil sur cet article

Dominique Ducharme est un excellent entraîneur-chef. Un gars brillant qui sait qu’il doit composer autant de discours qu’il a de joueurs sous la main. C’est la réalité du hockey d’aujourd’hui. Les joueurs sont des PME. Ils sont entourés de multiples conseillers et souvent, leurs compagnes de vie ont aussi un agenda.

Cette émancipation me plaît. Mettons qu’on est loin de l’époque ou Jean Béliveau parcourait le Québec en pleine saison pour proclamer les bénéfices de la bonne Molson. Jean Béliveau ! Un des trois plus grands joueurs de l’histoire du Canadien. C’était dans une autre vie.

Il y a dans l’entreprise sur deux lames que représente le joueur de hockey de notre époque un niveau de compétitivité particulier. Ces garçons doivent livrer des guerres ensemble. Mais à la table de négociations contractuelles, ils deviennent des athlètes individuels.

L’édition pandémique du CH ne peut pas manquer à ses objectifs. Les attentes des partisans, des observateurs, de la direction et des propriétaires sont renouvelées. Tant mieux. Et même si Marc Bergevin ne laisse rien au hasard, quelques détails clochent. Philippe Danault et Tomas Tatar ont charrié l’attaque de l’équipe au cours des deux saisons précédentes en compagnie de Brendan Gallagher. Danault a refusé une généreuse offre de contrat de la part de Marc Bergevin. Ses agents ont présenté une contre-offre exagérée. Fin des discussions. Tatar, lui, n’a reçu aucune intention de négociation de la part de la direction.

Perplexes face à leur situation personnelle, Danault et Tatar ont vu débarquer Josh Anderson et Tyler Toffoli. Le premier avec en poche une entente de sept saisons à 5,5 millions par année, le deuxième avec un pacte de quatre ans et 17 millions.

La saison a fort bien débuté pour l’équipe qui n’a perdu qu’une fois en temps réglementaire dans ses dix premiers matchs. Danault et Tatar brillaient par leur inertie sur la glace, tandis qu’Anderson et Toffoli remplissaient le filet et s’attiraient les éloges de toutes parts. Même s’ils jurent qu’ils ne s’attardent pas à ce qui se dit et s’écrit sur eux, les joueurs de hockey savent ce que vous et moi racontons à leur sujet. Quelqu’un dans leur cercle restreint est toujours là pour le leur rapporter.

Une mission difficile

Je reviens à Ducharme pour parler de ses choix d’effectifs. Je rappelle au passage que Dominique est coach par intérim. Il a hérité du mandat de se gosser en 38 petits matchs un contrat d’entraîneur-chef millionnaire. Ducharme a vite réalisé que sans le réveil de Danault et Tatar, la mission devenait quasi impossible. Ce n’est rien de scientifique. C’est une tentative d’explication quant aux choix d’effectifs de Ducharme, aux présences répétées de Danault et Tatar lors des prolongations à 3 contre 3.

Ce qui est certain en revanche, c’est que Danault et Tatar ont leurs assises dans le vestiaire du Canadien. Ce sont deux vétérans aimés et respectés de leurs coéquipiers. Les rendre heureux en dépit du fait qu’ils écoulent la dernière année de leur contrat aux côtés d’Anderson et Toffoli, qui sont couverts d’or et d’égards, n’est pas simple. Est-ce que ceci expliquerait cela ?