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Plaidoyer en faveur d’un impôt sur les grandes fortunes

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À quelques jours du dépôt du budget du Québec, nous, jeunes Québécois fortunés, faisons front commun avec Québec solidaire pour demander au gouvernement de faire payer plus d’impôt aux mieux nantis de notre société.

Depuis maintenant un an, la population québécoise a dû consentir à d’énormes sacrifices. Plusieurs ont perdu leur emploi ou ont dû se réorienter professionnellement en vitesse. D’autres ont dû mettre la clé sous la porte du commerce qu’ils ont travaillé si fort à bâtir. 

Des milliers de femmes, souvent racisées, sont allées au front, au risque de leur santé, pour nous protéger. La plupart d’entre nous n’avons pas vu nos proches depuis plusieurs mois, et plusieurs ont même perdu un membre de leur famille. 

  • Écoutez l'entrevue de Vincent Marissal, député de QS, avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Contribuer davantage

D’un autre côté, plusieurs personnes, dont les signataires de cette lettre, ont continué de s’enrichir dans les 12 derniers mois, malgré le contexte économique difficile. Nous demander de contribuer davantage au financement de l’État québécois nous paraît juste, vital et urgent. 

Alors que le Québec enregistrera un déficit hors du commun causé par la crise sanitaire, il est pour nous impensable de demander aux familles, aux travailleurs et aux populations marginalisées de faire des sacrifices supplémentaires en leur faisant payer la note de la crise, que ce soit en augmentant leur fardeau fiscal, en imposant une nouvelle période d’austérité ou en retardant les investissements nécessaires à l’urgente transition écologique. 

On entend souvent les gens dire : « il n’y a pas de riches au Québec ! » ou « si vous taxez les riches, ils vont partir ! ». Nous prenons la parole aujourd’hui pour répondre : nous sommes fortunés et nous demandons au gouvernement de nous faire contribuer davantage. 

Redistribution de la richesse

Augmenter nos impôts ne nous fera partir nulle part et ne nous plongera dans aucune angoisse fiscale que ce soit. Ce n’est pas une punition de se faire imposer davantage lorsqu’on est privilégié. C’est au contraire un geste concret de redistribution de la richesse, une valeur cardinale pour une société qui tend vers l’égalité. C’est un principe auquel nous adhérons et pour lequel nous demandons au gouvernement d’agir dans le cadre de son prochain budget. 

Contribuer fiscalement à sa société est pour nous un geste qui doit être valorisé. Nous sommes chanceux de vivre dans une société où la plupart d’entre nous avons accès à des services publics gratuits et universels. La pandémie nous a appris qu’on devait d’urgence y réinvestir, et tout ce que nous demandons, c’est que le gouvernement du Québec nous mette à contribution à la hauteur de notre capacité. 

-Lettre ouverte conjointement signée par Vincent Marissal (photo), député de Rosemont et responsable solidaire en matière de justice fiscale et économique, ainsi que par Annick Labadie, Timour Scrève et Jonathan McPhedran Waitzer, jeunes Québécois fortunés.

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