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Un comptable complotiste dit être brimé

Celui qui fait l’objet d’une plainte devant son ordre professionnel veut un arrêt des procédures à son endroit

complotiste
Capture d’écran tirée de Facebook Stéphane Blais est une personnalité bien connue du mouvement contre les mesures sanitaires durant la pandémie. Il a livré des discours dans plusieurs manifestations.

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Une figure de proue du mouvement complotiste veut faire invalider la plainte de son ordre professionnel contre lui sous prétexte que ses « propos controversés » sont protégés par la Charte des droits et libertés de la personne.

« Les articles ont une portée beaucoup trop large. Est-ce qu’on peut dire que quelqu’un [porte atteinte à l’honneur de sa profession] en disant des choses sur la pandémie, que ça va loin, sur des aspects politiques et sa vision du monde ? » a soutenu Me Samantha Di Done, pour défendre la requête déposée au nom de son client Stéphane Blais.

Le comptable, à la tête d’une fondation multipliant les démarches judiciaires pour contester les mesures sanitaires, fait l’objet d’une plainte devant l’Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec pour ne pas avoir agi avec la « dignité » que nécessite sa profession.

Réseaux sociaux

M. Blais a tenu de nombreux propos sur les réseaux sociaux, remettant notamment en question la véracité de la pandémie de COVID-19 et affirmant que la crise était plutôt un complot mondial.

On lui reproche aussi d’avoir entravé le travail du syndic chargé de faire enquête sur ces manquements. Son audience pour juger de sa culpabilité doit se dérouler la semaine prochaine.

Or, une requête déposée par M. Blais tente de faire invalider et déclarer inconstitutionnels des articles de son code déontologique et du Code des professions, sous prétexte qu’ils portent atteinte à sa liberté d’expression garantie par la Charte des droits et libertés de la personne. 

Cette demande a été déposée notamment en raison de la sanction contre le blogueur et ancien comptable Daniel Pilon, lui aussi un visage bien connu du mouvement complotiste. 

Stéphane Blais demande également un arrêt des procédures contre lui. 

Demande contestée

La requête est toutefois contestée tant par l’Ordre des CPA que par le procureur général du Québec.

On estime qu’elle est précipitée compte tenu du fait que la culpabilité de M. Blais n’a même pas encore été prouvée. Si jamais tel est le cas, il pourrait alors utiliser la Charte pour se défendre, a-t-on fait valoir.

« Les propos reprochés sont-ils dérogatoires à l’honneur et la dignité de la profession ? [...] Si c’est le cas, là le Conseil [de discipline] pourra se demander si ça contrevient à la Charte », estime Me Marie-Claude Sarrazin, qui représente le syndic.

On pourra alors déterminer si reprocher certains propos « à un professionnel est une limite raisonnable dans une société démocratique », ajoute-t-elle, rappelant que la mission des ordres professionnels est d’assurer la sécurité du public à l’aide de leurs codes déontologiques. 

Cette décision pourrait avoir un impact sur tous les ordres professionnels du Québec.


La requête présentée par Stéphane Blais a été prise en délibéré par le Conseil de discipline de l’Ordre des CPA.