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La balle est dans le camp de Legault

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Quand des milliardaires se mettent à quémander des fonds publics pour se faire construire un stade de baseball au centre-ville de Montréal, ça prouve qu’il n’y aura pas d’argent à faire avec ledit stade et que le projet est hautement risqué.

Alors qu’on manque royalement d’argent pour répondre aux besoins criants en santé, en soins à domicile et en éducation, force est de constater que nos richissimes promoteurs du baseball ont du front tout le tour de la tête.

Que les Stephen Bronfman de Claridge Investment, Alain Bouchard d’Alimentation Couche-Tard, Stéphan Crétier de Garda Word, Mitch Garber (ex-président du Cirque du Soleil et du Ceasars Palace) et Cie se lancent, par l’entremise du Groupe baseball Montréal, dans une grande opération de lobbying en vue de convaincre le gouvernement Legault de leur payer un stade de baseball... ça dénote de leur part une vision « courte » de la priorité gouvernementale. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:  

INQUIÉTANT EMPRESSEMENT

Mais ce qui me fait craindre le pire dans cette incroyable demande d’aide gouvernementale de la part des promoteurs du nouveau stade de baseball... c’est de voir avec quel empressement le premier ministre François Legault et son argentier, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, s’intéressent à leur demande de financement. On parle ici d’un stade qui pourrait coûter plusieurs centaines de millions de dollars, du genre de 350 à 500 millions de dollars. 

« Il n’y a pas un projet que je ne regarde pas, a déclaré Fitzgibbon. Ma responsabilité pour les Québécois, c’est de regarder tous les projets qui peuvent enrichir les Québécois. »

Et le premier ministre Legault a renchéri en affirmant qu’il ne ferme pas la porte, lui non plus, à accorder de l’argent public pour la construction de ce stade de baseball.

Quand on sait à quel point le ministre Fitzgibbon et homme de confiance de François Legault a le chéquier généreux, j’ai le pressentiment que le gouvernement Legault va trouver le moyen de nous passer un « stade » d’ici la fin de son mandat.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

LE STADE OLYMPIQUE

Question de gros bon sens, j’aimerais rappeler à MM. Legault et Fitzgibbon que le Québec s’est payé à Montréal un gigantesque Parc olympique, avec un majestueux stade, lequel peut accueillir 56 000 personnes. 

Ce Parc olympique vaut aujourd’hui plus de 5 milliards de dollars. C’est un véritable joyau qui attire annuellement un million de visiteurs, minimum.

Le prétexte évoqué par les bonzes du Groupe de baseball Montréal pour ne pas ramener le baseball professionnel au Stade olympique porte sur son éloignement du centre-ville.

On parle d’une distance de 6,5 kilomètres entre la Gare Centrale et le Stade olympique. Le stade est par ailleurs desservi par le métro et les autobus... Et le stationnement est facile.

Comment peut-on sérieusement évoquer ces « 6,5 kilomètres » d’éloignement du centre-ville de Montréal comme obstacle, alors que la célèbre équipe de football des Patriots de la Nouvelle-Angleterre a pignon sur rue au Gillette Stadium de Foxborough, à 35 kilomètres, à vol d’oiseau, au sud-ouest du centre-ville de Boston ?

Les Patriots manquent-ils d’amateurs lors de leurs parties locales ? Non ! Ce n’est pas la proximité du stade qui attire les amateurs. C’est la performance de l’équipe.