/world/pacificasia
Navigation

La Corée du Nord tire deux missiles qui seraient balistiques

La Corée du Nord tire deux missiles qui seraient balistiques
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

La Corée du Nord a procédé jeudi au tir dans la mer du Japon de deux missiles qui seraient balistiques et donc, si cela était confirmé, en violation de résolutions de l’ONU. 

• À lire aussi: La Corée du Nord sert un avertissement aux États-Unis

• À lire aussi: Pyongyang et Téhéran auraient repris une coopération en matière de missiles

• À lire aussi: Kim s’engage à renforcer l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord

Cela constituerait également alors un important geste de défi à l’égard de l’administration du président américain Joe Biden en place depuis janvier.

C’est d’abord l’état-major interarmes sud-coréen qui a annoncé dans un communiqué que deux « projectiles non identifiés » avaient été tirés dans la mer du Japon, appelée « mer de l’Est » en Corée du Sud.

Il a souligné que le tir avait été effectué de la province de Hamgyong du Sud, dans le centre-est de la Corée du Nord.

La Corée du Nord tire deux missiles qui seraient balistiques
Photo AFP

Les missiles ont parcouru une trajectoire de 450 kilomètres et atteint une attitude maximale de 60 kilomètres, a poursuivi l’état-major sud-coréen, qui n’a pas dit précisément de quel type d’engins il s’agissait.

Il a ajouté que l’armée sud-coréenne avait « renforcé sa surveillance, en coordination rapprochée avec les États-Unis », le principal allié de la Corée du Sud.

« Missiles balistiques »

Au Japon, un autre allié régional des États-Unis, le premier ministre Yoshihide Suga s’est en revanche montré catégorique, assurant à des journalistes que « la Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques ».

Selon lui, le précédent tir d’un tel missile nord-coréen remontait à il y a près d’un an, au 29 mars 2020.

« Cela menace la paix et la sécurité de notre pays et de la région. C’est aussi une violation » des résolutions de l’ONU, a-t-il martelé.

Le ministre britannique chargé de l’Asie Nigel Adams a fait écho aux commentaires de M. Suga, disant que le Royaume-Uni était « profondément préoccupé par le fait que la Corée du Nord ait procédé à deux essais de missiles balistiques de courte portée », en « violation manifeste » des résolutions du Conseil de sécurité.

Il a en outre appelé Pyongyang à « engager des négociations sérieuses avec les États-Unis ».

Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent en effet à la Corée du Nord la poursuite de ses programmes d’armements nucléaires et de missiles balistiques.

Mais, bien que frappé par de multiples sanctions internationales, ce pays a rapidement développé ces dernières années ses capacités militaires sous la direction de Kim Jong Un.

La Corée du Nord a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succès des missiles balistiques capables d’atteindre les États-Unis.

Elle avait tiré deux missiles dimanche peu après une visite à Séoul du secrétaire d’État américain Antony Blinken et du secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Il s’agissait du premier tir nord-coréen de ce type connu depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden.

Mais des responsables américains avaient par la suite précisé qu’il s’agissait de deux missiles de courte portée, non balistiques, relativisant l’importance de ces tirs car ces engins étaient classés « dans la catégorie des activités militaires normales du Nord ».

Le président Biden lui-même avait dit à des journalistes à propos des tirs de dimanche : « selon le département de la Défense, c’est quelque chose d’ordinaire ».

La tournée dans la région de MM. Blinken et Austin avait pour objectif de discuter avec les alliés des États-Unis de questions de sécurité liées en particulier au potentiel de la Corée du Nord en matière d’armements nucléaires et de missiles à longue portée.

« Pression de Pyongyang »

Pendant leurs visites à Séoul et à Tokyo, les deux responsables américains ont insisté à plusieurs reprises sur l’importance d’une dénucléarisation de la Corée du Nord.

En réponse, Choe Son Hui, la première vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, a vertement tancé « le nouveau régime » en place aux États-Unis, sans néanmoins jamais nommer Joe Biden.

La présidence de Donald Trump avait donné lieu dans un premier temps à des échanges d’insultes et de menaces de guerre nucléaire avec Kim Jong Un, puis à une extraordinaire lune de miel diplomatique marquée par les sommets historiques de Singapour et de Hanoï entre les deux dirigeants.

Ces relations n’avaient toutefois pas conduit à des avancées vers une dénucléarisation de la Corée du Nord. Le sommet de Hanoï en février 2019 avait échoué sur la question de l’allègement des sanctions réclamé par Pyongyang en échange d’éventuelles mesures de désarmement.

Les tirs de jeudi « signalent le début d’une pression de Pyongyang sur Washington pour des discussions sur le nucléaire », a commenté auprès de l’AFP Yoo Ho-yeol, professeur émérite d’études nord-coréennes à l’Université de Corée.

Des responsables américains ont déclaré que l’administration Biden avait tenté depuis sa mise en place d’entrer en contact avec Pyongyang par plusieurs canaux, mais qu’elle n’avait pas obtenu de réponse.