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Le combat d’Ingrid Falaise

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Quand Le Journal a publié lundi les résultats du sondage Léger sur les romans préférés des Québécois, le livre Le monstre, d’Ingrid Falaise, a recueilli 6 % des voix.

C’est moins que Kamouraska d’Anne Hébert (7 %), mais plus que Le matou d’Yves Beauchemin (5 %).

On a tous été profondément touchés par son histoire sordide de violence conjugale. Mais après avoir visionné son dernier documentaire Face aux monstres : la reconstruction, j’ai encore plus d’admiration pour cette femme lumineuse.

BRISER LE SILENCE

Pour tout vous dire, j’ai pleuré presque sans interruption pendant ce documentaire qui sera présenté ce soir à 21 h, à ICI première.

J’ai été bouleversée quand Ingrid interviewe son père et sa mère. Quel drame pour des parents de sentir qu’ils sont impuissants à sauver leur fille des griffes d’un monstre... 

J’ai été ébranlée par l’entrevue avec une femme dont le conjoint a tué le bébé qu’elle allaitait. Comment se remet-on d’un tel drame ?

« Est-ce que des ailes, ça repousse ? » demande Ingrid dans ce documentaire sur la « reconstruction (physique et psychologique) » des victimes et de leur entourage.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Mais là où j’ai trouvé qu’Ingrid Falaise et la réalisatrice, Mariane McGraw, marquaient un grand coup, c’est quand elles ont donné la parole à une femme violente. C’est l’ultime tabou, la violence des femmes.

Même si on ne parle pas souvent de la violence conjugale qui se conjugue au féminin, cette réalité existe, et il était particulièrement pertinent de ne pas glisser cette vérité sous le tapis. 

Dès demain, sur les ondes de QUB radio, vous pourrez entendre dans le balado Devine qui vient souper la rencontre que mon mari et moi avons eue avec Ingrid Falaise.

La comédienne et auteure nous a raconté que, dans un extrait qui n’a pas été conservé au montage final, cette femme violente lui a confié : « Je savais que je pouvais faire ce que je voulais, il ne se passerait rien, la police allait embarquer mon chum, pas moi ».

Puis Ingrid a affirmé : « Il y a des hommes qui sont violentés et c’est encore plus sournois, insidieux, c’est de la violence psychologique. Je connais beaucoup d’hommes qui ont été violentés par des femmes, à se faire ouvrir la face, à se faire pitcher des bacs de recyclage sur le char, à tout casser dans la maison, avec une batte de baseball devant les enfants ».

UN CHOC POST-TRAUMATIQUE 

Oui, Ingrid Falaise a vendu 160 000 exemplaires de ses livres sur le Monstre. Oui, la série qui en a été tirée a connu un énorme succès. Oui, elle a fait un premier, puis un deuxième documentaire sur les monstres.

Mais vous savez ce qui nous a le plus sonnés pendant notre entrevue ? C’est quand Ingrid nous a raconté que parce qu’elle faisait de l’« hyper vigilance », elle était très mal à l’aise de tourner le dos à la porte du studio d’enregistrement.  

À cause des trop nombreuses fois où elle a été enfermée par M., le monstre, elle ne supporte plus d’être enfermée et ressent constamment le besoin d’avoir une porte de sortie dans son champ de vision.

Et ça, ça donne vraiment froid dans le dos.  

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