/sports/opinion/columnists
Navigation

Le stade de la discorde

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre François Legault n’a pas fermé la porte à une éventuelle aide gouvernementale pour la construction d’un stade de baseball au centre-ville de Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Pandémie ou pas, il y aura toujours des contribuables qui s’opposeront à une participation financière du gouvernement du Québec dans la construction d’un stade de baseball à Montréal. C’est correct, c’est un droit absolu en démocratie. Tout le monde a droit de parole.

• À lire aussi: La balle est dans le camp de Legault

Comme le font valoir certains opposants, on a au Québec deux amphithéâtres ayant été bâtis avec des fonds publics qui ne servent pas à grand-chose.

Le Stade olympique est abandonné et le Centre Vidéotron sert de domicile à une équipe de hockey junior.

On les aime bien, les Remparts de Patrick Roy, mais on attend toujours le retour de la version 2,0 des Nordiques.

Pas d’équipe, pas de stade

C’est vrai que ce sont deux boulets à traîner, mais ça ne veut pas dire qu’un nouveau stade de baseball au centre-ville serait un autre échec.

Tout d’abord, il a toujours été bien spécifié que le projet du groupe Bronfman était lié expressément à l’obtention d’une équipe de la Ligue majeure de baseball.

Le commissaire Rob Manfred s’est toujours montré favorable et explicite à cet égard. Il se dit prêt à rouvrir les portes de la MLB à Montréal si un nouveau stade est érigé.

À ce qu’on sache, son homologue de la LNH, Gary Bettman, ne s’est jamais montré aussi ouvert à l’endroit de Québec et de Pierre Karl Péladeau.

Au contraire, Bettman a toujours dit qu’un nouvel amphithéâtre ne garantirait pas la renaissance des Nordiques.

Réaction rapide

Enfin, on en arrive à la nouvelle annoncée lundi, à savoir que Stephen Bronfman discutera avec le gouvernement Legault d’une contribution de Québec dans le financement du stade qu’il veut construire au bassin Peel.

L’information a suscité les mêmes réactions que par le passé. Les gens qui sont favorables au projet ont dit « pas de problème ! » et les antagonistes ont répliqué « pas avec mes impôts ».

Or, on peut penser que l’on s’était parlé en haute instance avant que l’information ne devienne publique.

Ainsi, hier matin, Pierre Fitzgibbon s’est dit tenu, de par ses fonctions de ministre de l’Économie, d’étudier tous les dossiers en cette matière qui aboutissent sur son bureau.

Puis, quelques heures plus tard lors de son point de presse sur le dossier de la COVID, le premier ministre François Legault a ouvert la porte plus grande.

Je le cite : « Si demain matin, il y avait une équipe de baseball au Québec, il y aurait des joueurs qui paieraient des impôts au Québec, des impôts qu’on n’aurait pas si on n’avait pas d’équipe de baseball. Donc, si on prend une partie de ces revenus d’impôt là et qu’on les donne à une entreprise qui nous amène cette entreprise-là, tout le monde est gagnant. Parce que ce dont il faut s’assurer, c’est que le Québec va recevoir plus de retombées, donc d’entrées fiscales réelles, que le montant d’aide qui serait redonné à une entreprise, incluant une équipe de baseball.

« Donc, c’est dans ce sens-là qu’on a une ouverture auprès du projet. Il y a plusieurs gens d’affaires connus qui sont derrière ce projet-là, il n’y a pas seulement M. Bronfman. Donc, si on est capable d’amener une équipe de baseball à Montréal et que ça amène plus de revenus que l’aide qu’on donne à l’entreprise, bien tout le monde est gagnant, incluant les Québécois », a conclu le premier ministre.

Monsieur Legault n’a pas parlé des retombées économiques pour la ville et des emplois qui seraient créés.

La maquette existe

Depuis le temps que le groupe Projet baseball Montréal peaufine son dossier, on peut être sûrs qu’il sera bien préparé lors de sa rencontre avec le gouvernement.

La réunion aura lieu à l’intérieur d’une période de 30 jours, comme il est stipulé dans les règles du Registre des lobbyistes. Le gouvernement sera représenté par le ministre des Finances, Eric Girard, et Pierre Fitzgibbon.

Pour ceux qui se posent la question, oui, il existe, selon mes informations, une maquette du stade qui est cachée précieusement quelque part.

Le dévoilement aura lieu cette année, à condition bien sûr que les négociations avec Québec pour le financement du stade et Ottawa pour l’acquisition du terrain au bassin Peel se terminent sur une note positive.

Selon ce que j’entends, la confiance règne.

Ça n’avance pas vite pour les Rays  

On dit que les négociations pour la garde partagée des Rays de Tampa Bay entre Projet baseball Montréal et Stu Sternberg, propriétaire principal de l’équipe floridienne, ont progressé de façon notable au cours des derniers mois.

Or, l’impasse demeure pour ce qui est de la construction d’un nouveau stade à Saint Petersburg. Pour la première fois depuis plusieurs années, le maire Rick Kriseman et Sternberg ont eu des discussions qualifiées par le Tampa Bay Times de sérieuses, en janvier dernier.

Mais il y a mésentente à savoir qui contrôlerait les revenus du stade projeté, qui serait construit près du Tropicana Field existant.

De plus, le maire n’approuve toujours pas le projet d’une garde partagée des Rays avec Montréal.

Sept projets sur la table

Rappelons que la Ville de Saint Petersburg s’est donné l’année pour étudier sept projets de développements domiciliaires avec construction d’un stade dans le secteur abritant le domicile actuel des Rays, lequel est une propriété municipale.

Le maire Kriseman en est toutefois à sa dernière année à son poste. Il ne pourra pas se représenter aux élections municipales prévues le 2 novembre prochain puisqu’un élu ne peut remplir plus de deux mandats à la mairie.

Si une entente n’intervient pas entre les Rays et la Ville d’ici la fin de l’année, le dossier se retrouvera entre les mains du prochain maire.

Si vous voulez mon avis, la meilleure chose qui pourrait arriver serait que le projet d’un nouveau stade à Saint Petersburg tombe à l’eau. 

Le projet de garde partagée n’a rien de rassembleur, tant pour les amateurs de Montréal que pour ceux de la baie de Tampa.

Il n’est pas dit aussi que les Rays ne pourraient pas s’établir à Montréal en permanence à un moment donné.

Pour le moment, l’ouverture du stade projeté dans Griffintown est ciblée pour 2025.