/opinion/columnists
Navigation

Le Vézina restera-t-il dans l’Ouest?

Coup d'oeil sur cet article

La plupart du temps, le prestigieux trophée Vézina est remis à un gardien de but de l’Association de l’Est, mais il pourrait bien se retrouver dans l’Ouest pour la troisième fois en quatre ans, soit dans les mains de Marc-André Fleury ou celles de Philipp Grubauer. 

Le titulaire du trophée est Connor Hellebuyck, des Jets de Winnipeg, tandis que Pekka Rinne, des Predators de Nashville, l’avait gagné en 2018. Le dernier gardien de l’Ouest à l’avoir reçu avant Rinne était Miikka Kiprusoff, des Flames de Calgary, en 2006. Cela représente une sécheresse de 12 ans pour les « portiers » de l’Ouest. 

Les seuls autres gardiens de l’Ouest à avoir gagné le Saint Graal sont Ed Belfour, des Blackhawks de Chicago, en 1991 et 1993, et Grant Fuhr, des Oilers d’Edmonton, en 1988. 

Depuis que le trophée Vézina est attribué par vote, soit depuis 1982, les gardiens de l’Est l’ont gagné 32 fois et ceux de l’Ouest, seulement six fois.

Pourquoi ?

Très bonne question, d’autant plus que le trophée Jennings, un trophée purement mathématique, s’est retrouvé dans l’Ouest 16 fois en 38 saisons, incluant un partage Est-Ouest entre Carey Price et Corey Crawford en 2015. 

La plus grande visibilité dans l’Est influence possiblement le vote du Vézina par les directeurs généraux. Il y a aussi eu une forte concentration de grands gardiens dans l’Est, mais ça n’explique pas tout. Patrick Roy a passé la moitié de sa carrière à Montréal et l’autre moitié au Colorado. Il a gagné le Vézina trois fois à Montréal, mais jamais au Colorado. 

Dominik Hasek (6) et Martin Brodeur (4) totalisent 10 conquêtes du Vézina à eux seuls. Hasek l’a gagné six fois dans l’Est, mais aucune durant ses trois saisons dans l’Ouest avec les Red Wings de Detroit. 

Lutte à trois 

En ce qui concerne l’édition 2021, le duel pour le Vézina entre Fleury et Vasilevskiy, du Lightning de Tampa Bay, est devenu une lutte à trois, car Grubauer s’est invité à la fête. Le gardien de l’Avalanche était dans une séquence de sept victoires avant le match d’hier en Arizona. Ça incluait trois jeux blancs et quatre matchs d’un seul but. Du solide. 

Le nom de Grubauer (2e au classement hebdomadaire) n’est pas magique comme celui de Fleury (3e) ou de Vasilevskiy (1er) et ça pourrait lui nuire dans le vote, mais le gardien allemand connaît toute une saison. Il est notre première étoile pour la deuxième semaine d’affilée. 

Les chiffres de ces trois gardiens sont extraordinaires avec des moyennes de buts alloués sous la barre de 2,00 et des taux d’efficacité de ,930. Le retour au jeu de Robin Lehner à Vegas pourrait toutefois nuire à Fleury dans la course au Vézina et dans notre classement. 

Pendant ce temps, Carey Price peine à la tâche et il a glissé du 23e au 36e rang en une semaine. 

Un point grâce à Allen et... à Hasek 

Pour plusieurs, Dominik Hasek était un gardien de but sans style, mais c’est faux. Il calculait tout et il a laissé un geste en héritage aux gardiens modernes qui a valu au Canadien un point de plus au classement, vendredi, grâce à un bel arrêt de Jake Allen. 

Ça s’est passé en première période lorsque Brandon Sutter, des Canucks de Vancouver, a bondi devant le filet pour contourner Allen, qui a réussi un arrêt in extremis avec le bout de sa jambière gauche. Allen est allé chercher quelques pouces de plus avec sa jambe en tombant vers l’avant et sur le ventre, pour une plus longue extension vers l’arrière. On ne voyait jamais ça avant le passage de Hasek dans la LNH. 

Sans cet arrêt, le Canadien ne se serait jamais rendu en prolongation.