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Toutes les minorités... sauf les francophones

Amir 
Attaran
Photo d'archives Amir Attaran

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La gauche du Canada anglais met au centre de sa politique la défense de tous les droits de toutes les minorités. Ils en font presque une obsession. C’est dans ce mouvement que veut certainement s’inscrire le professeur Amir Attaran, de l’Université d’Ottawa.

Officiellement, ce professeur combat le racisme férocement. Dans les faits, le cœur de son propos vise à stigmatiser un groupe : les Québécois francophones. Tout y passe : les Québécois francophones seraient des arriérés racistes. Nos gouvernements passés et actuel, notre premier ministre, nos lois et même notre système de santé sont les manifestations de cette société québécoise tarée.

Je n’ai pas l’intention de m’étendre sur le cas de ce provocateur ni sur l’administration de l’Université d’Ottawa. Le recteur est visiblement dépassé par le radicalisme dans son organisation.

Silences complices

Ce qui m’intéresse davantage, c’est à quel point le professeur Attaran a bonne presse au Canada anglais, malgré ses propos outrageux à leur face même. Crier à tout vent que les Québécois sont des racistes génère peu de réprimandes au Canada anglais. Plutôt quelques approbations et beaucoup de silences complices.

Par exemple, le député néo-démocrate ontarien Matthew Green a partagé plusieurs des écrits d’Attaran sur les réseaux sociaux. Le NPD détenait une majorité de sièges au Québec il y a quelques années à peine. Pourtant, personne dans ce parti n’a paru ulcéré de voir l’un des leurs partager des insultes envers les Québécois.

Au moins, Justin Trudeau, celui qu’on voit comme un champion du multiculturalisme, a tenu à dénoncer le professeur Attaran. Ne vous méprenez pas, monsieur Trudeau se le fait reprocher à l’extérieur du Québec. 

En fait, voici la réalité que l’affaire Attaran nous met en plein visage. La gauche du Canada anglais place les droits des minorités au centre de toute sa pensée et de son action. La discrimination positive, les minorités visibles, la lutte au racisme sont les thèmes de prédilection du moment. 

On aura même tendance à chercher à la loupe du racisme même là où il n’y en a pas. Pour prouver l’intensité de sa détermination à combattre le racisme, il vaut mieux en trouver partout.

La minorité qu’on peut bafouer

En somme, la gauche du Canada anglais défend toutes les minorités... sauf une : les Québécois francophones. Évidemment, les francophones ne constituent pas une minorité dans le Québec. Mais les francophones au Canada sont clairement une minorité. 

Lorsqu’on regarde la situation des francophones d’un point de vue nord-américain, c’est encore plus frappant. Les francophones sont une minorité dont la langue et la culture sont sous pression, menacées.  

Alors au Canada anglais, on mettra une importance capitale sur la préservation des langues autochtones ou de toutes les cultures minoritaires. Avec raison d’ailleurs. On sera prêt à déployer--- de moyens considérables pour les sauvegarder.

Mais l’avenir du français au Canada, au Québec, ils s’en balancent. Les insultes d’Attaran nous rappellent que pour protéger notre langue et notre culture, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.