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Budget Girard: 100$ par session pour les cégépiens et universitaires

Dans le réseau scolaire, les mesures de rattrapage s’étendront jusqu’en juin 2023

Budget CAQ Eric Girard Etudiants
Photo courtoisie Laurence Taschereau, étudiante à l’UQAM, croit que le montant de 100 $ par session accordé aux cégépiens et universitaires aurait pu servir à autre chose, comme de la sensibilisation pour les violences faites aux femmes.

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Québec prolonge jusqu’en juin 2023 le tutorat et les mesures d’aide pour combler le retard des élèves causé par la pandémie alors que les étudiants des cégeps et universités auront droit à 100$ par session pour amoindrir les impacts financiers de la crise sanitaire. 

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Le gouvernement Legault reconnaît que la pandémie a eu un impact sur la réussite des élèves et prévoit que le retard accumulé pourra être comblé d’ici deux ans.  

Au cours de cette période, 170 millions $ seront consacrés à des mesures d’aide supplémentaires comme le tutorat, l’aide aux devoirs et des services de soutien psychosocial.  

La tenue d’un sommet sur la réussite éducative la semaine prochaine, auquel sont conviés plusieurs acteurs du réseau de l’éducation, permettra de préciser quelles mesures concrètes seront mises en place par la suite, peut-on lire dans les documents budgétaires. 

Québec poursuit par ailleurs la création de classes spécialisées pour les élèves doués ou en difficulté, comme ce fut le cas au cours des deux dernières années, avec l’ajout de 150 nouveaux groupes pour la rentrée 2021. 

Une «stratégie» visant à attirer et retenir le personnel dans le réseau scolaire, où la pénurie est bien réelle, sera dotée d’un financement de 70 millions $ sur cinq ans. 

Le gouvernement Legault injecte aussi 89 millions $ sur cinq ans pour améliorer la qualité des services de garde scolaires, ce qui permettra de réduire le nombre d’enfants dans les groupes de maternelle 4 ans et d’embaucher davantage d’éducateurs spécialisés. 

100$ par session 

Dans le réseau collégial et universitaire, plus de 400 000 étudiants inscrits à temps plein pendant l’année 2020-2021 auront droit à un «montant forfaitaire» de 100 $ par session. 

Cette mesure d’aide, qui représente près de 83 millions $, permettra de compenser les dépenses additionnelles reliées à la pandémie, comme l’achat d’ordinateurs ou de mobilier de bureau, explique-t-on.  

Si les étudiants à temps plein accueillent favorablement l’aide ponctuelle de 100 $, certains croient cependant que ce montant aurait pu être investi ailleurs.  

« Au lieu de recevoir 200 $ par personne qui payent l’équivalent de deux épiceries, il y aurait eu moyen de prendre les 83 millions et de faire des choses beaucoup plus intéressantes, comme de la sensibilisation pour les violences faites aux femmes, illustre Laurence Taschereau, 27 ans, étudiante en journalisme à l’UQAM. On aurait aussi pu donner de plus grosses sommes à des étudiants qui sont dans une situation financière précaire. » 

« C’est une belle attention, c’est certain, mais à la fin de la journée, ce n’est pas ce qui fera sauter de joie tous les étudiants », estime quant à lui Louis-Philippe Otis, 21 ans, étudiant en droit à l’Université de Montréal.  

Les intérêts sur les prêts éliminés 

Les intérêts sur les prêts étudiants seront par ailleurs éliminés pour la période du 1er avril 2021 au 31 mars 2022. 

Louis-Philippe Otis est d’avis qu’il s’agit d’« une mesure plus appréciable ». « Ça va amener les étudiants qui subviennent à leurs besoins à plus dépenser et à faire rouler l’économie, d’une part, mais aussi pour des raisons humaines. Ils pourront moins stresser avec le loyer ou le paiement de leur prochaine session », poursuit-il. 

D’autre part, Québec prévoit que l’enseignement en ligne dans les cégeps et universités subsistera au-delà de la pandémie, puisque 85 millions $ seront consacrés d’ici cinq ans pour «mettre à la disposition des étudiants un enseignement à distance de qualité en déployant plus de solutions numériques». 

Comme l’an dernier, des sommes supplémentaires sont aussi prévues afin d’augmenter la diplomation sur les campus. Un plan d’action à ce chapitre est attendu ce printemps. 

Pour l’année 2021-2022, l’augmentation des dépenses est de 4,6% pour le réseau scolaire, qui comprend le primaire et le secondaire, alors que la hausse est plutôt de 8,2% pour les cégeps et universités. 

La hausse plus marquée en enseignement supérieur s’explique par la diminution des dépenses engendrée par la fermeture des campus pendant la pandémie, explique-t-on. 

Au total, le budget dévoilé jeudi prévoit 1,5 milliard de dollars d’ici cinq ans pour des initiatives dans le milieu de l’éducation, qui «a été durement ébranlé par la crise», a indiqué le ministre Finances, Éric Girard. 

De son côté, la Centrale des syndicats du Québec estime que ce budget permettra au réseau scolaire «de sortir la tête de l’eau», mais déplore que les sommes supplémentaires soient injectées «pour une courte durée». 

«Les problèmes du système d’éducation existaient bien avant la crise, on a besoin d’investissements importants et durables et le budget n’en apporte pas» a affirmé sa présidente, Sonia Ethier, par communiqué. 

À VOIR AUSSI:

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

— Avec la collaboration d’Anne-Sophie Poiré

Budget en éducation pour 2021-2022    

PRIMAIRE ET SECONDAIRE  

  • 110 millions $ pour combler le retard scolaire lié à la pandémie    
  • 13 millions $ pour l’ajout de 150 classes spécialisées     
  • 10 millions $ pour attirer du personnel dans le réseau scolaire    
  • 13 millions $ pour améliorer la qualité des services de garde scolaires        

CÉGEPS ET UNIVERSITÉS  

  • 100 $ par session pour les étudiants à temps plein en 2020-2021    
  • 15 millions $ en mesures de soutien pour la santé mentale et le bien-être    
  • 88 millions $ pour augmenter la diplomation