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Hostilité «systémique» contre le Québec français

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Ma question s’adresse à tous ces Québécois qui se nomment Tremblay, Gauthier, Roy, Roberge, Vaillancourt, Simard, etc.

Je parle donc ici de ceux qui ne sont ni anglophones de naissance, ni issus d’une immigration récente.

Vous comprendrez pourquoi dans un instant.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Liste

Vous avez vu, chers Québécois de vieille origine française, ce professeur d’Ottawa, Amir Attaran, pour qui le Québec est un « Alabama du Nord », dirigé par des « suprémacistes blancs », où l’on pratique le « lynchage médical ».

Son employeur refuse de sévir.

Je laisse à de plus qualifiés que moi le soin de déterminer si ces propos dépassent ou non les limites à la liberté d’expression prévues par nos lois.

Mais voyons au-delà de cet individu.

Un député du NPD, Matthew Green, applaudit les propos du professeur.

Son chef, Jagmeet Singh, ne le condamne pas. Il nous explique que son député a beaucoup souffert, donc on peut comprendre son zèle. 

Elle est belle, n’est-ce pas, la gauche « inclusive », « diversitaire » et multiculturaliste canadienne, décidément moins « inclusive » dès qu’il s’agit du Québec français...

Mais voyons encore au-delà du prof d’Ottawa et du « backbencher » néo-démocrate. 

Deux incidents isolés ?

Voulez-vous que je vous fasse une longue, longue, longue liste d’« incidents isolés » ?

Voulez-vous une longue, longue, longue liste de déclarations haineuses à chaque fois que le Québec français tente de défendre sa manière d’être et de vouloir faire ?

Et l’assourdissant silence des médias du Canada anglais, ça vous dit quoi ?

Alors, je reviens à vous, cher Québécois de souche française.

À partir de combien d’« incidents isolés » peut-on commencer à parler d’une hostilité « systémique » à l’endroit du Québec français ?

Ne me comprenez pas de travers : on tolère le Québécois francophone s’il se comporte comme l’Acadien moyen.

On sera même gentil avec lui s’il ne revendique pas trop, s’il accepte son déclin, s’il ne heurte pas la conception que le Canada se fait de comment doivent se comporter des gens respectables.

Il aura une tape amicale sur le dos.

Bref, dites-moi, cher monsieur Tremblay, je veux comprendre, honnêtement, qu’est-ce qui vous garde encore attaché à ce pays ?

Je veux comprendre. Honnêtement.

J’ai dit plus haut que ma question ne s’adressait pas aux Québécois anglophones, allophones ou arrivés récemment d’autres pays.

L’Anglo-Québécois sait qu’il fait partie de la majorité canadienne. 

L’allophone, sauf exception, voit le Canada aller dans une direction qui lui convient.

L’immigrant récemment arrivé, lui, ne se sent guère concerné par des combats qui ne sont pas les siens.

Tout cela est parfaitement normal. 

  • Écoutez l'entrevue de Pascal Bérubé sur les ondes de QUB radio:  

Quoi ?

Mais vous, monsieur Tremblay, madame Gauthier, monsieur Roberge, madame Roy ?

Beaucoup diront que tout ce qui vous rattache au Canada, ce sont la peur et la colonisation mentale. Je l’ai souvent écrit.

Je vous donne aujourd’hui le bénéfice du doute. Si ce n’est pas ça, c’est quoi alors ? 

Expliquez-moi. Je veux comprendre.

Est-ce l’espoir que le Canada, un jour, changera dans le sens que vous souhaitez ? 

Très bien, expliquez-moi comment cela va se passer.

Expliquez-moi. Je veux comprendre. Honnêtement.