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Ouverture d’un procès pour le meurtre d’une mère de 6 enfants

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JOLIETTE | Dans les instants qui ont suivi la découverte du corps de sa fille de 33 ans dans une mare de sang, un technicien en électroménagers de Mascouche soupçonnait déjà son gendre de l’avoir tuée.

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« J’ai dit à ma femme : “Je m’excuse, mais il faut se faire à l’idée que c’est Benoît [qui est l’assassin]”. Avec tous les morceaux de puzzle que j’avais, j’arrivais [à cette conclusion] là », a relaté Gaétan Cantin.

Le père de la victime a été le premier témoin entendu jeudi au procès de son gendre, au palais de justice de Joliette.

Benoit Cardinal est accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Jaël Cantin 33 ans, survenu le 16 janvier 2020, à Mascouche. Celle-ci était la mère de six jeunes enfants.

Le sort de l’accusé de 34 ans est maintenant entre les mains d’un jury composé de neuf femmes et cinq hommes.

C’est Gaétan Cantin qui a découvert le corps ensanglanté de sa fille, gisant au pied du lit conjugal. Sa conjointe et lui vivaient également dans cette maison intergénérationnelle du chemin des Anglais.

Vers 4 h 07, les deux sexagénaires ont été réveillés par le bruit du carillon. 

« Ça sonne sans arrêt. Ding ding ding. [...] Ça cogne, ça crie, ça hurle », a-t-il décrit à la juge de la Cour supérieure, Johanne St-Gelais.

En ouvrant la porte, M. Cantin a vu une scène qui hante encore ses nuits : des enfants peu vêtus et en panique, qui faisaient état d’une urgence dans la résidence de Jaël Cantin et Benoît Cardinal.

Il a demandé à sa femme, Lynda Hethrington, d’accueillir les enfants et s’est précipité chez sa fille, muni de son cellulaire.

En entrant, il a trouvé son gendre étendu au sol, face contre terre, vêtu d’un bas de pyjama. Il semblait inerte, mais râlait.

« Un bain de sang »

Puis, M. Cantin a aperçu sa fille, étendue sur le dos à côté du lit conjugal, à moitié nue. « Il y a du sang sous sa tête. C’est un bain de sang. Pour les habitués des séries télé, il y avait autant, sinon plus de sang », a-t-il illustré. Il s’est ensuite empressé de composer le 911.

D’après ce que la poursuite a relaté dans son exposé d’ouverture, les premiers intervenants ont été informés d’une possible violation de domicile ayant fait deux victimes.

« Mais les éléments de l’enquête policière convergent vers le fait que Benoît Cardinal n’est pas une victime, mais plutôt le responsable de la mort de Jaël Cantin », a déclaré Me Caroline Buist, qui officie pour la Couronne avec Mes Valérie Michaud et Geneviève Aumond.

Mains ensanglantées

Selon des expertises qui seront présentées au jury ultérieurement, il semble que le trentenaire avait une importante quantité de sang de la victime sur les mains à l’arrivée des policiers.

Durant le procès qui durera six semaines, la poursuite entend aussi prouver que Cardinal aurait eu, dans les jours précédant le crime, une « discussion révélatrice » avec une adolescente de 16 ans « avec qui il avait un précieux lien de confiance ».

Celui qui travaillait dans un Centre jeunesse avait des soucis financiers depuis qu’il avait remis sa démission, et cela créait des tensions au sein du couple, selon la Couronne. 

EXTRAITS DE L’APPEL 911 

À la répartitrice du 911

« Il y a une personne qui respire, l’autre je crois qu’elle est morte. C’est pas une blague, Madame. »

« Madame, c’est terrible, c’est pire que dans les films. »

« Ma fille, Madame, elle est étendue sur le dos, à moitié nue, sans connaissance. Y a du sang partout. [Cris de l’accusé. La répartitrice demande si la victime respire.] J’ose pas approcher, Madame, j’ai été tout à l’heure, je ne suis pas capable, j’ai pas la force. »

– Gaétan Cantin, père de la victime

À l’accusé, gisant au sol

« Ben ! OK, Ben, j’suis là. [Râlements, pleurs.] Bouge pas, Ben ! »

– Gaétan Cantin, père de la victime


L’accusé est défendu par Mes Ghassan Toubal et Louis-Alexandre Martin.