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Revoir les services aux élèves en difficulté de A à Z

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Alors que Québec planche sur une refonte du financement dédié aux élèves en difficulté, des parents réclament la mise en place d’un nouveau système plus équitable et efficace. Près de la moitié d’entre eux jugent que les services offerts par l’école ne sont pas adéquats, ou parfois même inexistants. 

Voilà l’une des conclusions tirées d’un sondage de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) réalisé auprès de plus de 2081 parents d’enfants ayant des besoins particuliers. 

Ce coup de sonde a été réalisé alors que le ministère de l’Éducation consulte différents acteurs du réseau concernant des «mesures d’assouplissement» à apporter aux modalités entourant le financement des services aux élèves en difficulté, qui représente annuellement plus de 2,3 milliards $. 

«Projet 294» 

Or la FCPQ espère que cette démarche, qui porte le nom de «projet 294» dans les officines gouvernementales, ne mènera pas qu’à des changements cosmétiques.  

Voilà déjà plusieurs années que le ministère de l’Éducation envisage d’apporter des modifications au financement des services aux élèves en difficulté, une formule complexe qui peut toutefois avec des impacts très concrets pour des milliers d’élèves au quotidien. 

La Fédération réclame une réforme en profondeur, afin de corriger plusieurs lacunes du système en place qui ont souvent défrayé la manchette au cours des dernières années. 

«On a beaucoup de parents qui nous appellent et c’est souvent la même histoire qui se répète. Ce ne sont pas des cas isolés. Obtenir des services pour leurs enfants, c’est une véritable course à obstacles», affirme son président, Kévin Roy. 

Ce parcours du combattant entraîne aussi des effets pervers, puisque les élèves dont les parents sont mieux informés et outillés pour faire les démarches requises sont privilégiés, ajoute-t-il : «Il y a un problème au niveau de l’accessibilité, mais aussi au niveau de l’équité.» 

Par ailleurs, des parents se font souvent dire d’aller chercher des services au privé, puisque les difficultés de leurs enfants ne sont pas assez grandes, comparées à d’autres élèves de la classe. 

Malgré les efforts d’assouplissement faits au cours des dernières années, le processus administratif qui mène à l’octroi de services supplémentaires pour un élève en difficulté dans le réseau scolaire reste lent, peu efficace et complexe, ajoute M. Roy.  

Règle générale, un élève qui obtient un diagnostic pour un trouble d’apprentissage ou un handicap obtient un code de difficulté, qui est lié à un financement additionnel. 

Depuis plusieurs années, des experts réclament que le financement des services soit lié aux besoins des élèves, et non à un code qui repose sur un diagnostic. 

Les syndicats d’enseignants craignent toutefois que les services ne soient pas au rendez-vous s’il n’y a plus de financement spécifique rattaché aux diagnostics et codes de difficulté qui les accompagnent.