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Un jeune chef cuisinier doit mettre ses projets au frigo

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Illustration Adobe Stock

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À 26 ans, tout semblait bien se profiler à l’horizon pour Sébastien. Après avoir suivi sa formation professionnelle en cuisine, il a été recruté comme stagiaire dans un restaurant renommé, puis embauché en tant que chef cuisinier. Mais la pandémie va le freiner dans son élan.

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Sébastien avait bien planifié son budget et il n’était en retard dans aucun de ses paiements. Puisqu’il recevait des paies régulières, il avait même décidé de s’acheter une automobile, pour laquelle il rembourse 350 $ par mois sur son prêt auto. Au printemps 2020, le confinement et la fermeture des salles de restaurants vont toutefois bouleverser ses projets.

Bien qu’il se soit lancé dans les plats à emporter pour tenter de maintenir ses affaires à flot, son employeur ne peut conserver tout son personnel à son emploi. Sébastien étant l’un des derniers arrivés, il est aussi l’un des premiers à être mis à pied. Après son licenciement, il touche la Prestation canadienne d’urgence (2000 $ brut par mois), ce qui l’aide à payer ses dépenses essentielles. Il a même retiré les 3000 $ qu’il avait réussi à placer dans un CELI. Mais rien n’y fait, son budget mensuel est constamment déficitaire. 

Un déficit budgétaire permanent

Avec des soldes de cartes de crédit de 7000 $, un prêt auto de 14 000 $ et une marge de crédit étudiant de 18 000 $, Sébastien cumule 37 000 $ de dettes qu’il est bien incapable de rembourser en raison de sa perte d’emploi. À ce stade, il a réussi à obtenir des reports de paiement sur son prêt auto, mais ce sursis n’est que temporaire, et tôt ou tard, les créanciers vont commencer à le harceler. De plus, son institution financière lui a refusé le prêt de consolidation qui lui aurait permis de rembourser ses dettes, puis de le rembourser avec un taux d’intérêt moindre.

À bout de ressources, il décide alors d’aller consulter la firme de conseillers financiers et syndic autorisé en insolvabilité Raymond Chabot. 

« Quand Sébastien est venu nous voir, lui qui n’avait jamais connu de déséquilibre budgétaire commençait à ressentir durement le fardeau de la dette. Le stress financier lui faisait faire de l’insomnie et il voulait trouver une solution avant que les choses empirent encore davantage », explique Vicky Var, première directrice principale en redressement financier.

Une proposition plutôt que la faillite

Étant donné que le remboursement de son prêt auto (350 $ par mois) engloutit une part appréciable de ses revenus, les conseillers ont réfléchi avec Sébastien sur la nécessité de posséder un véhicule. 

« Étant donné qu’il vit à proximité d’un métro, sa voiture n’était peut-être pas essentielle. Après réflexion, il a décidé de s’en départir et de la rendre au créancier, ce qui lui a permis d’économiser le montant de la mensualité », détaille-t-elle.

Mais il lui reste encore ses cartes de crédit et sa marge de crédit étudiante, une dette de 25 000 $ qu’il ne parviendra pas à rembourser compte tenu de sa situation. Voulant éviter la faillite, il a plutôt opté pour la proposition de consommateur. Celle-ci consiste à offrir aux créanciers un montant moindre, mais tout de même suffisamment intéressant, que celui qui leur est dû, et surtout remboursable avec des paiements mensuels que Sébastien pourra assumer.

Dans son cas, les créanciers ont accepté une proposition de 10 000 $ payable en 45 mois à raison de versements mensuels de 222 $. Précisons que la durée maximale autorisée d’une proposition est de 60 mois.

Quand les restaurants pourront ouvrir leurs portes à nouveau, Sébastien espère retrouver un emploi rapidement. Dès ses premières paies, il compte bien accélérer le remboursement de sa proposition de consommateur. Contrairement à la faillite, la portion de la dette à payer aux créanciers n’est pas modifiée même si la situation financière de la personne venait à changer, qu’elle se soit améliorée ou au contraire dégradée. 

SA SITUATION FINANCIÈRE  

Actifs

Mazda 2018 

REER : 8000 $ 

CELI : 3000 $

Dettes de consommation

Prêt auto : 14 000 $ 

Marge de crédit étudiante : 18 000 $

Cartes de crédit : 7000 $

Total des dettes de consommation : 37 000 $

Revenus mensuels 

PCU : 2000 $ brut imposable

Total des revenus : 2000 $

Dépenses mensuelles

2100 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, prêt auto, assurances, épicerie, etc.) 

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