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38 cas d’effets secondaires graves déclarés au Québec

Les manifestions cliniques inhabituelles au vaccin sont encore transmises par fax

GEN-COVID-19
Photo d'archives, Agence QMI Plus d’un million de Québécois ont reçu leur dose dans les cliniques de vaccination, comme celle-ci au Stade olympique.

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Québec a reçu 38 déclarations de manifestations cliniques inhabituelles graves depuis le début de la campagne de vaccination contre la COVID-19.

Ces déclarations sont remplies par des professionnels de la santé lorsqu’un patient présente des symptômes après avoir reçu un vaccin. Le ministère indique qu’une manifestation clinique inhabituelle (MCI) est jugée grave quand elle mène à une hospitalisation, à un risque pour la vie, comme un choc anaphylactique, qu’elle cause des séquelles ou le décès d’un patient.

Les 38 cas concernent les trois vaccins administrés jusqu’à maintenant, soit ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Il s’agit d’un nombre très peu élevé quand on considère que plus d’un million de doses ont été données au Québec depuis décembre.

Trois cas de thrombose

Le ministère de la Santé indique par ailleurs que cela n’a aucune influence sur le processus de vaccination qui se poursuit normalement.

Pour l’ensemble du pays, on a dénombré 320 cas d’événements indésirables jugés graves. 

Selon le Dr Howard Njoo, de l’Agence de la santé publique du Canada, trois cas de thrombose ont été signalés après l’administration du vaccin d’AstraZeneca.

La semaine dernière, notre Bureau d’enquête révélait qu’un de ces cas concernait un patient de la Montérégie âgé de 79 ans. 

« Il n’y a pas de lien entre les cas actuellement observés au Canada et le vaccin d’AstraZeneca », a toutefois tenu à préciser, le Dr Njoo.

Encore les fax

Par ailleurs, la transmission des informations sur les effets secondaires se fait encore par fax dans plusieurs régions du Québec.

« Les déclarations de MCI peuvent être faites par téléphone, fax, courriel sécurisé ou par la poste aux directions de santé publique régionales », a indiqué Marie-Hélène Émond, de la direction des communications du ministère.

Il faut aussi plusieurs étapes avant que l’information se rende à Santé Canada, ce qui occasionne des délais.

Le gouvernement du Québec a toutefois promis de retirer les fax du réseau de la santé d’ici 2023. 

« Le MSSS est bien au fait que le fax est une technologie désuète à bien des égards », répond Marie-Hélène Émond en précisant que les travaux pour faire évoluer la technologie sont d’une ampleur considérable. 

– Avec l’Agence QMI

Un processus de déclaration complexe  

Le processus de déclaration d’une manifestation clinique inhabituelle (MCI) après avoir reçu le vaccin comprend plusieurs étapes qui peuvent entraîner des délais entre les symptômes observés chez un patient et sa transmission à Santé Canada.   

  1. La personne vaccinée présente une MCI.   
  2. Un professionnel de la santé habilité à poser un diagnostic (médecin, pharmacien, infirmière) déclare la MCI à la Direction de santé publique (DSP) de sa région.   
  3. La DSP reçoit la déclaration et fait une enquête ; elle inscrit les renseignements nécessaires dans le registre de vaccination du Québec.   
  4. La direction de la vigie sanitaire du ministère de la Santé procède à l’analyse des données et publie des rapports ou, au besoin, des avis concernant les vaccins.   
  5. L’Agence canadienne de santé publique reçoit les résultats.    
  6. Les données sont transmises à Santé Canada et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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