/opinion/columnists
Navigation

Budget: le contraire de ce qu’avait promis la CAQ

C’était pour venir en aide à une entreprise contemporaine de Saint-Jérôme, les véhicules Électrique Lion, que la semaine dernière, les premiers 
ministres du Québec et du Canada ont annoncé une subvention majeure pour une usine de batteries.
Photos Joël Lemay et d’archives C’était pour venir en aide à une entreprise contemporaine de Saint-Jérôme, les véhicules Électrique Lion, que la semaine dernière, les premiers ministres du Québec et du Canada ont annoncé une subvention majeure pour une usine de batteries.

Coup d'oeil sur cet article

Le budget d’hier confirme le retour en force d’un gouvernement interventionniste dans l’économie, exactement le contraire de ce que la CAQ avait promis. 

Déficit record, dépenses records, l’argent à profusion pour les ministères et organismes à vocation économique. 

Histoire de solidarité 

Avec des candidats comme Youri Chassin de l’Institut économique de Montréal, qui s’opposait à toute intervention de l’État (que ce soit la gestion de l’offre ou les subventions aux garderies), Legault avait envoyé un signal aux dernières élections qu’avec la CAQ, le Québec reviendrait au capitalisme classique. 

C’est une petite ironie de l’histoire que Chassin soit en même temps le député de Saint-Jérôme, car c’est dans cette ville des Laurentides que la base des fonds des travailleurs a été posée, de dure lutte. 

La Regent Knitting Mills de Saint-Jérôme avait connu une série de grèves depuis des décennies. Avec l’aide de la FTQ, une expérience de propriété et de gestion par et pour les travailleurs a été mise en place, il y a près de cinquante ans. 

Même si la compagnie ainsi créée, Tricofil, a fermé ses portes quelques années plus tard, une lumière s’était allumée. 

C’était un changement de paradigme de réaliser que les syndicats pouvaient devenir des partenaires de premier plan dans le développement économique du Québec, tout en défendant âprement les intérêts de leurs membres. Le succès incroyable du Fonds de solidarité et du Fondaction en témoigne. 

Leviers économiques uniques  

Après le krach de 2008, le Québec était une des premières juridictions du G20 à rebondir et à recréer les emplois perdus. Ça se comprend. 

Même si nous raillons tous d’être les Nord-Américains les plus taxés, nous avons créé des institutions gouvernementales et sociales qui travaillent souvent ensemble pour mettre en valeur nos ressources et développer notre économie ! 

C’était pour venir en aide à une entreprise contemporaine de Saint-Jérôme, les véhicules Électrique Lion, que la semaine dernière, les premiers ministres du Québec et du Canada (maintenant rendus à « François et Justin ») ont annoncé une subvention majeure pour une usine de batteries.  

C’est le genre d’investissement dans un secteur de pointe qui aurait attiré les leçons de morale de l’Institut économique de Montréal et de Youri Chassin, il n’y a pas si longtemps : « Ils essaient de choisir les gagnants... Laissez donc le marché décider ! » Chassin aurait pu ajouter : « Souvenez-vous de Tricofil », car, effectivement, le chemin des interventions gouvernementales dans l’économie est parsemé d’embûches. 

Avec notre vaste territoire et nos ressources impressionnantes, il s’est avéré essentiel d’avoir des leviers économiques pour soutenir le développement du Québec. 

Développement durable 

La vraie question en sera une de vision à long terme. Que ce soit les batteries de véhicules électriques ou des projets climaticides comme GNL Québec, il faut commencer à trouver des solutions pérennes. 

Le cycle de vie des batteries n’a rien d’enviable, et le gaz naturel liquéfié menace notre qualité et notre milieu de vie. 

Est-ce que le Québec va utiliser ses forces pour aller au-delà de l’horizon court terme en misant sur la ressource énergétique de demain, l’hydrogène ? Nous avons tous les ingrédients. Avons-nous l’audace ?