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Des peanuts contre la violence faite aux femmes

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Cette semaine, Geneviève Guilbault et Isabelle Charest ont toutes deux martelé que la violence faite aux femmes, on ne pouvait pas accepter ça au Québec.

J’entretenais donc beaucoup d’espoir par rapport au budget. Parce que l’argent, c’est le nerf de la guerre pour régler bien des problèmes, et la violence conjugale ne fait pas exception. 

Un plaster sur une hémorragie 

Le gouvernement va allouer 22,5 millions $ sur cinq ans aux maisons d’hébergement afin d’augmenter l’offre de services, notamment les ressources d’urgence.

C’est mieux que rien. Oui et non. Le ministre des Finances, Eric Girard, en parlant de la violence conjugale a dit que c’était « une situation [...] extrêmement sérieuse », et que « si des sommes supplémentaires sont nécessaires, elles seront allouées. » 

Traduction : le dossier de la violence conjugale ne faisait pas partie du plan initial, mais sept féminicides ont obligé le ministre à retourner à sa calculette.

  • Écoutez la réaction au budget de Gaëlle Fedida, coordonnatrice aux dossiers politiques à l'Alliance MH2

Une occasion ratée

Pour Gaëlle Fedida, coordonnatrice politique de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, on aurait pu faire mieux. « Pourquoi on n’est pas capable d’annoncer plus d’argent maintenant ? On le sait qu’il y a des besoins. On a des recommandations en ce sens sur la table depuis quatre mois. » 

Ces recommandations, ce sont celles du Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale. De l’argent, ça en prend pour les maisons d’urgence, mais on en a aussi besoin en maison de 2e étape, là où se retrouvent les femmes les plus susceptibles d’être assassinées. 

De l’argent, il en faut aussi pour la réforme judiciaire en ce qui a trait aux victimes. Ça aussi, on le sait depuis quatre mois. Pourquoi on n’annonce pas un montant pour cette réforme ? 

« Il nous faut des investissements structurants, pas juste de l’argent pour les maisons d’hébergement », explique Gaëlle Fedida. Ça, c’était l’enjeu principal du rapport du comité d’experts. Et on est passé à côté. 

À mon sens, on vient de rater une belle occasion de prouver que la violence conjugale, ce n’est pas acceptable au Québec.


Pour plus d’information sur SOS violence conjugale : 1 800 363-9010 ou sosviolenceconjugale.ca/fr

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