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On s’endette pas mal

social de Loto-Québec
Photo d'archives, Chantal Poirier L’énorme baisse de revenus subie par Loto-Québec en raison de la pandémie a, par ricochet, contribué à creuser le gouffre financier du gouvernement québécois.

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En raison de la chute des revenus, combinée à une forte hausse des dépenses reliées aux initiatives gouvernementales liées à la COVID-19, la pandémie a lourdement déséquilibré la situation financière du gouvernement du Québec.  

D’ici la fin mars 2025, la dette nette du gouvernement québécois, laquelle tient compte des versements effectués au Fonds des générations, va atteindre les 235,4 milliards de dollars, en hausse de 52 milliards $ par rapport à mars 2020, soit 28,1 %.

Cela représente une augmentation de 6077 $ par tête de Québécois, chacun devant maintenant supporter une dette de 27 500 $ au nom de l’État.

En pourcentage du PIB, la dette nette québécoise grimpera de 4,4 points de pourcentage, passant de 39,9 à 44,3 %. Québec restera l’une des provinces les plus lourdement endettées du Canada.

L’augmentation de l’endettement de la province aura pour conséquence d’augmenter le coût de la facture des frais d’intérêt (service de la dette) à 9,4 milliards $ lors de l’année financière 2024-25, soit 1,7 milliard $ de plus qu’au cours de l’exercice financier de 2020-21. 

  • Écoutez l'analyse de Michel Girard avec Mario Dumont sur QUB radio:   

LES DÉFICITS

Après avoir bouclé cinq exercices financiers successifs avec des surplus, Québec se retrouve cette année dans le trou de 15 milliards $, ce qui comprend un réel déficit budgétaire de 12 milliards $, plus un transfert de 3 milliards $ au Fonds des générations.

Mais grâce à la solide reprise économique, le ministre des Finances Eric Girard prévoit ramener le niveau des revenus au niveau des dépenses d’ici quatre ans. C’est ce qu’on appelle un retour à l’équilibre budgétaire au sens des comptes publics.

Par contre, le retour à l’équilibre en fonction de la fameuse Loi sur l’équilibre budgétaire n’est pas prévu avant l’exercice financier de 2027-28. En vertu de cette loi, Québec s’est engagé à verser chaque année plus de 3 milliards $ de revenus dans le Fonds des générations, lequel est destiné à réduire la lourde dette de la province. 

LA REPRISE ÉCONOMIQUE

Dans son budget déposé hier, le ministre Girard prévoit que le PIB nominal du Québec atteindra près de 550 milliards de dollars en 2025, en croissance de 108 milliards $ en cinq ans (+ 24,3 %). 

Après avoir perdu 208 500 emplois en 2020, le ministre anticipe la création de 148 900 emplois cette année. Et pour l’année 2022, il en prévoit 75 500 de plus. Ce qui permettrait finalement au Québec de récupérer tous les emplois perdus lors de la désastreuse année 2020.

Les perspectives économiques s’annoncent positives partout : consommation des ménages, dépenses et investissements des gouvernements, investissements résidentiels et non résidentiels, exportations, mises en chantier, salaires et traitements.

Pour aider à relancer l’économie, le gouvernement Legault a bonifié de 4,5 milliards $ le Plan québécois des infrastructures s’échelonnant de 2021 à 2031. Il prévoit investir 77 milliards $ en cinq ans, soit 57 % des 135 milliards $ prévus sur 10 ans.

IQ SE DÉMARQUE

Par rapport aux revenus anticipés dans le budget de mars 2020, Loto-Québec (- 974 millions $) et Hydro-Québec (- 621 millions $) ont vu fondre leurs revenus au cours de l’exercice financier 2020-21 à cause de la COVID-19.

Par contre, Investissement Québec (IQ) rapporte une « hausse exceptionnelle » de revenus dans les coffres du gouvernement. Elle a enregistré un profit de 668 M$ pour l’exercice 2020-21, contre 148 M$ en 2019-2020.

Quelle heureuse coïncidence pour les hauts dirigeants d’IQ.

La semaine dernière, le Conseil des ministres de François Legault a rétroactivement bonifié les paramètres de la rémunération incitative des hauts dirigeants d’IQ. La rémunération annuelle de Guy LeBlanc, le grand patron d’IQ, pourra atteindre 1,1 million de dollars avec les bonis et celle de ses vice-présidents, 1 million $.


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