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C’est terminé, les rendements illimités chez Épargne Placements Québec

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Photo tirée du site web d’Épargne Placements Québec Les obligations boursières d’un terme de 10 ans d’EPQ ne sont désormais plus à rendement illimité. La hausse maximale est maintenant plafonnée à 100 %.

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Épargne Placements Québec (EPQ), dont l’encours s’élève à 11,5 milliards de dollars, a décidé de couper royalement dans le rendement potentiel de ses obligations boursières, un des meilleurs produits d’épargne sans risque offerts aux Québécois depuis la fin de la crise financière de 2008-2009.

Le rendement maximal du terme de 5 ans de la nouvelle cuvée des obligations boursières sera maintenant plafonné à 40 %, comparé à 60 % depuis le lancement de ce populaire produit d’épargne. Le rendement annualisé maximal tombe ainsi à 6,96 % alors qu’il s’élevait à 9,86 %. On parle ici d’une réduction annuelle de 2,9 points de pourcentage. 

Épargne Placements Québec (EPQ) a également décidé de réduire l’attrait financier de ses obligations boursières du terme de 10 ans. D’un rendement illimité (c’est-à-dire à la hauteur du rendement de l’indice de référence), le rendement maximal du terme de 10 ans est maintenant plafonné à une hausse maximale de 100 %.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Le plafond de 100 % peut paraître élevé à première vue, mais sachez que sur 10 ans, cela se traduit par un rendement annualisé maximal de 7,18 %.

Pourquoi la direction d’EPQ, qui relève du ministère des Finances, a-t-elle « coupé » dans le rendement potentiel des obligations boursières ? Afin d’offrir un produit plus « compétitif » face aux institutions bancaires qui offrent de semblables produits financiers dont le rendement potentiel est lié au marché boursier.

Plus « compétitif » dans le sens de diminuer sensiblement le rendement potentiel des obligations boursières d’EPQ en vue de les rabaisser au niveau des produits concurrents.

Mieux que le concurrents

Malgré la diminution de leur rendement potentiel, les nouvelles obligations boursières d’Épargne Placements Québec qui seront émises en juin prochain demeurent plus attrayantes que la panoplie des placements garantis liés aux marchés offerts par les grandes institutions bancaires canadiennes.

De toutes les institutions bancaires, Desjardins offre probablement le « pire » rendement dans cette catégorie de placement.

Son « Placement garanti Canadien – Modéré », d’un terme de 5 ans, offre un rendement cumulatif maximal de 8,5 %. Pour votre gouverne, cela donne un rendement annuel composé maximal de seulement 1,65 %.

Comparé au rendement annualisé de 6,96 % qu’offrent les obligations boursières d’EPQ, le rendement du produit de Desjardins représente des « pinottes ». 

Les émissions en cours

Basées sur l’Indice Québec 30 (IQ-30), lequel indice regroupe les 30 grandes sociétés inscrites à la cote de la Bourse de Toronto dont le siège social est au Québec, les émissions d’obligations boursières émises depuis mars 2009 se sont pour la plupart avérées fort lucratives pour les épargnants.

Épargne Placements Québec a l’habitude d’effectuer quatre émissions par année, soit en mars, juin, septembre et décembre.

À titre d’exemple, l’émission du 25 mars 2009 (moment où les marchés boursiers avaient touché leur creux lors de la crise financière de 2008-2009) a rapporté en 10 ans un rendement total de 244 %, soit un rendement annualisé de 13,24 %.

Par contre, l’émission de 10 ans du 22 mars 2010 a eu énormément moins de succès lorsqu’elle est arrivée à échéance le 22 mars 2020 alors que les marchés boursiers s’étaient effondrés de 35 à 40 % en l’espace d’un mois.

Cette émission n’avait finalement rapporté qu’un rendement total de 61,55 %, soit un rendement annualisé de 4,92 %.

Sur les 36 émissions d’obligations boursières effectuées depuis juin 2011, 24 d’entre elles affichent actuellement un solide rendement annualisé, allant de 8 % à 11 %. La performance des 12 autres varie au taux annualisé de 6 à 8 %.

Fait important : l’émission effectuée le 17 mars 2020 a déjà accumulé un rendement de 45 % en 12 mois.

J’ai le sentiment que ce spectaculaire rendement a semé de l’inquiétude chez Épargne Placements Québec. Avec les obligations boursières, c’est EPQ qui est à risque et non les épargnants puisque le capital investi est garanti, peu importe si la Bourse performe bien ou pas.