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Des clefs pour traverser la tempête

WE 0327 Psycho
Photo courtoisie, Gilles Bassignac L'écrivain français Fabrice Midal

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Philosophe et auteur de plusieurs best-sellers, l’écrivain français Fabrice Midal propose des clefs pour traverser des situations de crise dans son nouvel ouvrage, Comment rester serein quand tout s’effondre. Ce pionnier de la méditation en France table sur la guérison et l’espoir et donne à ses lecteurs des pistes pour se donner l’énergie de faire face aux situations difficiles.

Pour Fabrice Midal, lorsque les difficultés surviennent, il n’est pas question de se laisser ronger par la crainte et la culpabilité. Il propose plutôt de puiser dans nos forces intérieures et d’agir concrètement, ici et maintenant.

 En entrevue, il partage ses réflexions sur la pandémie et ses effets. « Elle m’a permis de comprendre que vivre dans l’incertitude, perdre ses points de repère, loin d’être quelque chose d’anormal, fait partie de l’existence. Et que tout être humain dans sa vie, à un moment ou à un autre, fait face à l’incertitude, à l’inconfort, voire à la panique. »

 Il ajoute que nous avons malheureusement tendance à rejeter cela et à croire que la sérénité, c’est faire que tout aille toujours bien, qu’il n’y ait que des bonnes nouvelles. « Ça nous rend extrêmement malheureux et impuissants. Je crois qu’on se trompe complètement. »

 « On croit qu’on sera heureux si tout va bien, et je crois que c’est complètement faux. Je crois que la sérénité, comme nous l’ont appris tous nos ancêtres, c’est non pas d’être dans le détachement, calme, insensible, détaché, mais d’apprendre à faire face aux difficultés avec courage, avec cœur, avec tendresse, avec amitié. »

 Dans son livre, il explique que nous avons en nous des ressources pour ne pas perdre pied. « Quand on a une difficulté, on voudrait la résoudre tout de suite, et en voulant la résoudre tout de suite, on panique, on oublie de se relier à nos ressources, et du coup on va de plus en plus mal. Ce n’est pas évident, c’est un peu contre-intuitif. Mais pourtant, la meilleure solution, c’est de s’arrêter et de se reconnecter avec nos forces. Et on a tous des forces. »

Accueillir les émotions

 Fabrice Midal rappelle l’importance de rester centrés et d’être capables d’accueillir les émotions. « On comprend très bien qu’un enfant qui rentre de l’école et qui est angoissé, on va lui faire un câlin, on va essayer de créer un espace de sécurité pour qu’il puisse dire ce qu’il a sur le cœur. On va essayer de l’écouter et quand on l’écoute, en général, on voit que les problèmes vont beaucoup mieux. »

 « Mais pour nous, adultes, on croit qu’il faut toujours être parfaits, toujours performants, et on s’est coupés des ressources de rencontrer nos difficultés, nos émotions, alors que c’est central. Ce que nous savons pour les enfants, nous ne savons pas le faire pour nous et nous nous maltraitons. Du coup, nous perdons nos moyens. »

L’obsession de la performance

 L’auteur a remarqué que depuis la pandémie, les gens acceptaient plus facilement de montrer qu’ils ont peur, qu’ils sont inquiets, qu’ils sont perdus. 

 « Peut-être que ça peut faire beaucoup de bien parce qu’on va arrêter de toujours devoir montrer de soi une image de quelqu’un de souriant, bronzé, en forme, efficace, sans états d’âme, sans peurs, sans angoisses... ce qui n’est pas la vie humaine. »

 Cette société qui demande d’être performant en dépit de la pandémie, des restrictions de tout ordre, de la peur du virus, n’est pas réaliste. « Je ne suis pas opposé à l’idée que chacun essaie de faire le mieux possible. Mais faire le mieux possible, l’obsession de la performance, nous fait rater tout. Ça ne marche pas. Plus on met de la pression, plus les gens explosent. C’est ça, le burn-out. »


◆ Fabrice Midal est philosophe et écrivain.

◆ Il a publié de nombreux best-sellers, dont Foutez-vous la paix ! et Sauvez votre peau !, traduits dans le monde entier.

◆ Il a fondé l’École occidentale de méditation, qui possède une antenne à Montréal.

EXTRAIT 

<b><i>Comment rester serein quand tout s’effondre</i></b><br>
Fabrice Midal<br>
Éditions Édito<br>
160 pages
Photo courtoisie
Comment rester serein quand tout s’effondre
Fabrice Midal
Éditions Édito
160 pages

« Même quand je traverse une crise, mon devoir est de m’autoriser à arroser la graine de l’espoir en moi, c’est-à-dire à me relier à ce qu’il y a de meilleur dans ma propre humanité. L’espoir ne demande qu’à surgir pour me donner l’allant, l’envie, le pouvoir d’avancer, d’aller vers le monde, de changer le monde. Sans espoir, on ne ferait rien, on n’entreprendrait rien. »