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Jean-Pierre Ferland: le retour du (petit) roi

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Les pieds levés sur un pouf, pantoufles en phentex sur le bout des orteils, très peu pour Jean-Pierre Ferland qui revient à la charge pour une énième fois avec un album où, bien entouré, il reprend ses classiques de façon épurée. Le petit roi – qui n’en est pas à son premier exercice du genre – en profite toutefois pour surprendre les mélomanes. 

Jean-Pierre Ferland 

Photo courtoisie

★★★1⁄2

Je n’veux pas dormir ce soi

C’est connu, dès qu’un artiste majeur adapte son propre matériel (que ce soit en mode duo, classique, acoustique, à la guimbarde, etc.), les mélomanes se font une idée de l’œuvre dès la lecture de l’endos du disque et, malheureusement, ils se trompent rarement tant ces productions tanguent habituellement vers une certaine prudence.

Ferland en a d’ailleurs fait les frais avec Bijoux de famille (2009), un album collaboratif qui a été écorché par certaines critiques pour son conservatisme, voire son opportunisme. 

Or, le chanteur et son entourage surprennent à quelques reprises ici dans sa nouvelle livraison.

COUNTRY ET AUGUSTE

Un peu plus haut, un peu plus loin, interprétée par Florence K, ouvre le bal dans une forme instrumentale et intimiste, mais aussi plus solennelle que grandiloquente. 

Je reviens chez nous, elle, a des airs plus country avec la participation de 2Frères. 

Même Si je savais parler aux femmes, une collaboration entre Jorane et le principal intéressé, tout d’abord entendue sur Bijoux de famille, est revisitée par les deux artistes. Le duo en tire une version plus lente et auguste, accommodant du même coup la voix graveleuse de Ferland, marquée par l’expérience et le temps. 

Sans être renversant, Je n’veux pas dormir ce soir demeure très bien fait et, surtout, semble tout de même pris plus au sérieux que Bijoux de famille

Les fidèles sujets du petit roi y trouveront leur compte. 

  

Ariane Moffatt 

Photo courtoisie

★★★★

Incarnat

L’autrice-compositrice-interprète et productrice pop surprend – encore une fois ! – sur Incarnat, une œuvre introspective et lancinante. Les amateurs des moments plus lents de Petites mains précieuses [2018] seront d’ailleurs en terrain connu. Incarnat pourrait également être qualifié d’intimiste, mais prière de faire fi de la simplicité volontaire collant souvent à l’étiquette, car l’artiste y multiplie les subtilités pour livrer de la pop ciselée et brillante. Du grand Ariane Moffatt.   

Death From Above 1979 

Photo courtoisie

★★★

Is 4 Lovers

Le groupe rock canadien culte sort de sa tanière quatre ans après Outrage ! Is Now – une œuvre correcte, sans plus – avec un quatrième album diablement efficace... pour le meilleur, comme pour le pire. Sans pointer vers un retour aux sources, le duo fait fi des abus de sparages et de fioritures pour livrer un rock diablement carré, effréné et à la précision quasi militaire. En considérant sa discographie, Is 4 Lovers a également des airs de surplace, toutefois, et c’est dommage.   

Elvis Costello 

Photo courtoisie

★★

La Face de Pendule à Coucou

Tout d’abord les fleurs : l’idée d’Elvis Costello d’adapter des pièces de son plus récent album en français est fort louable. Puis, le pot : bien que j’encourage quiconque à se familiariser avec une langue seconde, le projet du rockeur semble précipité tant l’interprétation y est baragouinée. Côté musique, c’est un copié-collé de Hey Clockface sans surprise. Surtout pour les inconditionnels du monsieur.

Coup de coeur 

FIRST AID KIT

Photo courtoisie

★★★★

Who by Fire - Live Tribute to Leonard Cohen

Alors qu’on frôle la surcharge de reprises du poète – le portail whosampled.com dénombre 129 versions de Hallelujah ! –, le duo folk pop suédois ose tout de même avec un album de 20 pièces capté en concert et s’en tire avec honneur. Bien que plutôt sages du côté des musiques fidèles aux chansons originales, les sœurs Söderberg happent les mélomanes par la passion derrière leurs interprétations et, évidemment, la justesse de leurs harmonies, une des marques de commerce du projet. À (re) découvrir !