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Opération Printemps 2001: les délateurs sont très importants pour la police

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Les motards qui retournent leur veste pour devenir délateurs ont été cruciaux dans une enquête comme Printemps 2001, car ils possédaient des informations privilégiées permettant d’incriminer leurs anciens frères d’armes.

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« À la suite de l’arrestation de Stéphane Gagné, une de ses déclarations a été retenue, justement sur le fonctionnement de l’orga-nisation criminelle. C’est venu placer ni plus ni moins les assises de ce qui va devenir la théorie de la poursuite et de la police en gangstérisme », affirme Robert Pigeon, chef de la police de Québec et capitaine à la retraite de la Sûreté du Québec, qui a fait la lutte aux criminels durant la guerre des motards. 

Si ces témoignages sont d’une importance capitale pour les autorités, c’est qu’ils donnent de bonnes pistes aux enquêteurs, qui sauront mieux où concentrer leurs efforts pour aller recueillir de la preuve.

L’arrestation de Steve Boies, un trafiquant de drogue lié aux Hells Angels, a précipité Stéphane « Godasse » Gagné à livrer des secrets à la police, permettant notamment de faire condamner le chef des Nomads, Maurice « Mom » Boucher.

« Je veux dealer »

« Dans une perquisition en 1997, on a pogné Boies avec 5-6 kilos de coke dans un frigidaire. Il attendait déjà une sentence pour une importation de drogue. Donc, tout de suite, il a dit : “Je veux dealer”. Quand on lui a demandé ce qu’il avait de bon à nous dire, c’est là qu’il nous a parlé des tueurs des gardiens de prison », relate l’ancien commandant à la police de Montréal, André Bouchard. 

Boies a alors donné des détails importants sur la participation de Gagné aux meurtres, car il l’avait aidé. 

« Après, ils ont été chercher Godasse et ils l’ont cassé », dit M. Bouchard.

Selon ce dernier, les délateurs sont bien plus utiles que des agents d’infiltration. 

« C’est encadré dans la loi, les agents peuvent commettre de petits délits pour leur cover, mais rien de violent. Donc si le gars refuse, il y a des bonnes chances que ce soit une police », souligne M. Bouchard. C’est pas pour rien que [les Hells] vont en procès. Ils sont intelligents, ils veulent savoir comment ils se sont fait pogner, pour ne pas que ça arrive de nouveau », conclut-il.