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Stade: Coderre devra dire non à cette folie

CHRONIQUE - Rodger Brulotte
Photo d’archives Denis Coderre

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Je considère que l’administration de Valérie Plante a été mauvaise pour des tas de raisons sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir.

Je sens que je suis loin d’être seul à penser cela.

Mme Plante risque donc d’avoir fort à faire pour être réélue, bien que cela reste tout à fait possible.

Effets

Pour le dire autrement, Denis Coderre a de sérieuses chances de redevenir maire. 

Ses quatre années à la mairie ne furent pas parfaites, mais il avait ramené le bon sens et la stabilité après ce gâchis absolu que fut l’administration de Gérald Tremblay.

Je suis toujours resté avec l’impression que sa défaite de 2017 s’était jouée sur la funeste implication de son administration dans la course automobile de Formule E. 

Comme ses chances de redevenir maire sont bonnes, ses idées deviennent importantes.

Passionné de baseball, Denis Coderre n’a jamais caché son espoir de voir le retour d’une équipe de baseball professionnel à Montréal, dans un stade flambant neuf au centre-ville.

Stephen Bronfman
Photo d’archives
Stephen Bronfman

Pour que ce genre de projet réussisse, ici ou ailleurs, l’appui du maire est une condition insuffisante, mais essentielle. 

Des poids lourds du monde des affaires portent ce projet et cognent maintenant à la porte du gouvernement Legault.

Et pas n’importe qui.

Stephen Bronfman, Alain Bouchard, président du CA de Couche-Tard, Eric Boyko, PDG de Stingray, Mitch Garber, ex-président du CA du Cirque du Soleil, et Stéphan Crétier, président et chef de la direction de GardaWorld.

François Legault a évoqué la possibilité d’un « prêt pardonnable », donc un montant qui se transformerait en subvention si les retombées économiques sont positives.

Répétons-le pour la millionième fois : la question des retombées économiques pour une ville d’une équipe de sport professionnel a été étudiée sous tous les angles.

Dans le meilleur des cas, elle est négligeable. Dans la plupart des cas, elle est inexistante. Très souvent, l’équipe finit par déménager après avoir sucé tout ce qu’elle pouvait de fonds publics.

Les données là-dessus sont tellement en béton armé que ce n’est même plus un débat parmi les spécialistes.

Le seul débat porte sur l’ampleur de l’arnaque perpétrée sur les contribuables.

On peut vouloir du sport professionnel pour d’excellentes raisons, mais les retombées économiques pour la communauté n’en font pas partie. 

Rappelons aussi que le projet consisterait en une garde partagée du club qui est présentement à Tampa, qui ne disputerait que 41 matches à Montréal, et dont les promoteurs locaux resteraient des actionnaires minoritaires.

Non !

Ce projet recommence à remuer au moment où le gouvernement du Québec replonge dans les déficits et où la pandémie a cruellement dévoilé les failles de notre système sanitaire. 

« Je n’ai aucune idée préconçue sur le bien-fondé ou non d’investir dans le stade », disait le ministre Fitzgibbon.

Idée préconçue ? J’en ai une, moi. C’est une TRÈS mauvaise idée. 

Il est même un peu scandaleux que les promoteurs ressortent ce projet dans le contexte actuel.

Denis Coderre devra résister à sa passion et dire non à cette folie.

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