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Une pandémie d’insomnie: le sommeil d'un Québécois sur deux s'est détérioré

Les Québécois sont plus nombreux que jamais à mal dormir et c’est souvent lié à la crise sanitaire mondiale

Sleepless woman suffering from insomnia, sleep apnea or stress. Tired and exhausted lady. Headache or migraine. Awake in the middle of the night. Frustrated person with problem. Alarm clock with time.
Photo Adobe Stock Plus de la moitié des Québécois dormiraient mal en pandémie, selon une étude de l’Université d’Ottawa.

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Stressés, anxieux et irritables, les Québécois dorment mal. Environ une personne sur deux a vu son sommeil se détériorer avec la COVID-19 et des experts craignent que cette insomnie, nocive pour la santé, s’installe à long terme.

« Je crains que ça puisse s’ancrer », souffle le psychiatre et chercheur sur le sommeil Roger Godbout.

Avant la pandémie, déjà plus du tiers des gens peinaient à bien dormir. Après des mois de confinement et de restrictions chamboulant la vie normale des Québécois, une étude de l’Université d’Ottawa a révélé que plus de la moitié des répondants dormaient mal.

« Une personne sur deux, c’est énorme [...]. Je ne m’attendais pas à ça. Peut-être à un appauvrissement du sommeil chez beaucoup de gens, mais pas de cette ampleur-là », lance la chercheuse Rébecca Robillard.

Difficulté à s’endormir, réveils fréquents au milieu de la nuit ou incapacité à se rendormir « aux petites heures du matin » font partie des problèmes rapportés par les insomniaques.

C’est notamment le cas du Longueuillois Jean-François Porlier. 

« J’avais de mauvaises nuits à l’occasion, mais jamais comme ce que je vis aujourd’hui », souffle-t-il.

En janvier, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) rapportait aussi que 40 % des Québécois avaient vu leur sommeil se détériorer.

Somnifères

L’étude de l’Université d’Ottawa démontre aussi une hausse de 10 % chez les Québécois ayant recours à des somnifères.

D’ailleurs, les chercheurs ne sont pas les seuls à l’observer. Des pharmaciens, assureurs et spécialistes témoignent aussi d’une augmentation de clients et de patients cherchant de l’aide pour retrouver le sommeil.

Où commencent les troubles du sommeil et l’anxiété ? Les deux se nourrissent l’un de l’autre, entraînant la personne dans un cercle vicieux très dommageable pour la santé mentale, fait valoir le Dr Godbout.

Problème chronique

Il remarque que les cauchemars perturbent aussi davantage le sommeil actuellement.

« On perd nos repères en temps de pandémie et c’est ce que ça prend [un horaire stable] au sommeil », dit-il, ajoutant aussi craindre les répercussions d’une hausse rapportée de la consommation d’alcool.

« Il ne faut pas s’attendre à dormir comme des bébés quand il y a une tempête à côté », renchérit Mme Robillard. N’empêche, elle redoute les effets à long terme.

Une accumulation de stress qui perdure, un mode de vie chamboulé, « c’est exactement comme ça que l’insomnie chronique s’installe », s’inquiète à son tour Mme Robillard.

Lourdes conséquences

Et l’insomnie est associée à l’anxiété, la dépression, des troubles de l’humeur, des risques plus élevés d’un infarctus, une prise de poids et même des accidents de la route et du travail, par exemple.

« La fin de la pandémie ne va pas s’arrimer avec une fin des problématiques d’anxiété et du sommeil », redoute à son tour le directeur de produits chez Desjardins Assurances, Martin Nadon, qui observe une hausse des réclamations de médicaments et d’invalidité liée aux troubles du sommeil.

« On n’en parle pas beaucoup, pas assez », laisse-t-il tomber.

UNE BONNE NUIT REND LE VACCIN PLUS EFFICACE  

La durée de sommeil après la vaccination influencerait l’efficacité du vaccin.
Photo d’archives
La durée de sommeil après la vaccination influencerait l’efficacité du vaccin.

Une bonne nuit de sommeil est toujours réparatrice... mais le neurologue Alex Desautels souligne qu’elle permettra aussi de rendre le vaccin contre la COVID-19 encore plus efficace.

« Beaucoup d’études démontrent que la durée du sommeil à la suite de la vaccination augmente l’efficacité de plusieurs vaccins », fait valoir le Dr Desautels, aussi directeur médical du Centre d’études avancées en médecine du sommeil.

La réponse immunitaire à la suite d’une nuit de sommeil a notamment été mesurée avec les vaccins contre la grippe et l’hépatite B, notamment dans l’International Journal of Behavioral Medicine, dit-il.

Le lien spécifique avec l’inoculation contre la COVID-19 n’a pas encore fait l’objet d’étude, mais cela n’empêche pas le Dr Desautels de recommander le sommeil.

« C’est juste une raison de plus pour dormir ! [...] Si vous voulez avoir la pleine efficacité du vaccin, c’est simple, il suffit de dormir avant et après le vaccin, ça boost le système immunitaire », explique le spécialiste.

ÇA COÛTE CHER

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Photo Adobe Stock

L’insomnie coûte 21 milliards $ au Canada chaque année, selon une étude américaine menée par la RAND Corporation en 2016.

L’étude a mesuré l’impact économique de l’insomnie dans divers pays.

Au Canada, il est estimé que 80 000 heures de travail sont perdues en lien avec le manque de sommeil.

ATTENTION AUX ÉCRANS

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Photo Adobe Stock

La pandémie rive les enfants et les adultes à leurs écrans, que ce soit pour l’école, le travail ou même les rencontres sociales.

Or, la lumière bleue des téléphones intelligents nuit au sommeil. 

Aussi, déjà avant la crise sanitaire, une étude de Statistique Canada rapportait que 17 % des gens avaient perdu du sommeil à cause de leur utilisation de l’internet, par exemple.

De nombreux troubles du sommeil  

Trois types d’insomnie, considérée comme chronique si elle survient au moins trois nuits par semaine :       

  • Difficulté à s’endormir (insomnie initiale)       
  • Difficulté à rester endormi la nuit, réveils fréquents (insomnie de maintien)       
  • Difficulté à rester endormi le matin, éveil précoce (insomnie terminale)              

Apnée du sommeil (arrêts respiratoires durant la nuit)

Syndrome des jambes sans repos (mouvements ou sensations anormales nuisant au sommeil)

Hypersomnie (somnolence excessive)

Parasomnie (comportements indésirables, comme le somnambulisme, pendant le sommeil)

Troubles du rythme circadien (horloge biologique déréglée) 

L’IMPACT DE LA COVID-19

1 sur 2 : La moitié des Québécois dort mal, selon une étude de l’Université d’Ottawa

10 % : Environ d’augmentation des médicaments pour dormir

40 % : des Québécois ont vu la qualité de leur sommeil diminuer, selon l’INSPQ

L’INSOMNIE

1 sur 3 : Environ le tiers des Canadiens souffrent d’insomnie

Plus de 65 % : Des insomniaques souffrent aussi de dépression ou d’anxiété 

Plus de 21 G$ : Coût de l’insomnie au Canada, d’après une étude de RAND Corporation

17 % : Des Canadiens disaient perdre du sommeil à cause d’internet, avant la pandémie, selon Statistique Canada

Sources : Université d’Ottawa, INSPQ, RAND Corporation et Statistique Canada 

Quand les courtes nuits reviennent au galop  

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Photo Martin Alarie

Un homme de la Rive-Sud de Montréal, privé de ses trucs pour lutter contre l’insomnie à cause du confinement, a recommencé à se réveiller en pleine nuit, incapable de se rendormir.

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Un patron aux nuits écourtées à angoisser  

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Photo Tirée de Facebook

Même en zone orange, un entrepreneur de Rimouski a perdu des heures de sommeil à angoisser à cause de la COVID-19.

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«Anéantie» par son trouble du sommeil  

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Photo Pierre-Paul Poulin

Une quinquagénaire qui souffre d’insomnie depuis 15 ans s’estime « anéantie » par la maladie, qui la talonne sans relâche.

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Un hamster nommé insomnie  

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Photo Adobe Stock

4 h 11... (soupir). J’ai dormi quatre heures d’affilée. Pas si pire. Je dis « pas si pire » parce que c’est pas mal la moyenne d’heures que j’arrive à enfiler chaque nuit depuis des mois.

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Il existe des solutions contre l’insomnie  

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Photo Martin Alarie

Le mot-clé que prononcent tous les experts pour bien dormir c’est la « routine ». Même si la COVID-19 a chamboulé le quotidien des Québécois, ceux qui veulent bien dormir doivent rester disciplinés. « C’est comme les 10 commandements, si on en prend un seul, on a moins de chances de réussir que si on en fait le maximum », lance la psychothérapeute Régine Denesle, à propos des trucs pour dormir. Responsable de la clinique d’insomnie du Centre d’études avancées en médecine du sommeil, elle a aussi fondé la clinique privée Haléo, en raison de la liste d’attente de 18 mois dans le secteur public. Elle y met en œuvre la thérapie cognitivocomportementale de l’insomnie, qui consiste à déceler les comportements qui nuisent au sommeil et à les remplacer. Voici deux clients qui ont combattu l’insomnie.

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Les somnifères ne règlent pas tout 

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Photo courtoisie

Une trentenaire de la Montérégie dont la vie a été chamboulée par la pandémie a dû recommencer à prendre des somnifères après deux ans sans en avoir eu besoin. Elle met en garde contre les bénéfices du zopiclone.

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Les remèdes pour dormir ont la cote 

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Photo Martin Alarie

Les médicaments pour trouver le sommeil, qu’ils soient en vente libre ou prescrits, ont eu la cote pendant la pandémie, remarquent autant des pharmaciens qu’un assureur.

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