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COVID-19: le patient moyen n’est plus le même

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Les patients atteints de la COVID-19 qui se retrouvent aux soins intensifs sont plus jeunes que lors des première et deuxième vagues, a constaté un médecin de Québec.

«Ce ne sont plus des personnes âgées, immunosupprimées, greffées qui se présentent à nos soins intensifs», a constaté le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, en entrevue à TVA Nouvelles.

«Ce sont des gens comme toi et moi qui n’[ont] pas fait des activités particulièrement à risque et qui ont juste tiré la mauvaise carte» qui se retrouvent davantage aux soins intensifs, a-t-il indiqué. 

Le Dr Simon a indiqué que les sept derniers patients atteints de la COVID-19 qui ont été admis à son unité de soins intensifs dans le dernier mois avaient de 39 à 62 ans, «ce qui est beaucoup plus jeune que ce qu’[il] a connu lors des deux premières vagues».

Le plus étonnant, c'est que ces personnes travaillaient de la maison et n’avaient pas nécessairement des enfants qui pouvaient rapporter le virus de l’école.

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Fermer les lieux de rassemblement

Le chef des soins intensifs croit que le gouvernement Legault devrait miser sur la fermeture des lieux de rassemblement, autre que les lieux essentiels comme les écoles et les lieux de travail, pour contenir une troisième vague.

«Toutes les situations où des bulles familiales se rencontrent, les lieux de culte, les gyms, les salles de spectacle en font partie, c’est une façon de propager le virus. [...] Ce qui n’est pas absolument nécessaire, je crois que c’est peut-être ce sur quoi on devrait tabler», a soutenu le Dr Simon.

Le médecin est aussi d’avis que les Québécois ne devraient pas attendre les directives du gouvernement pour prendre des précautions.

«Je pense que comme population, on devrait se dire: personnellement, comment est-ce que je peux faire pour protéger moi, ma famille et les autres qui m’entourent que je ne connais peut-être pas?» a-t-il dit.

Mesures plus sévères

La hausse des cas de COVID-19 enregistrée dans les derniers jours fait craindre un retour à un confinement et à des mesures plus sévères.

Ce qui est plus inquiétant, selon le Dr Simon, c’est que le gouvernement pourrait prendre ses décisions concernant l’assouplissement des mesures sanitaires en se basant sur des données incomplètes.

«Il y a 50% des Québécois qui ont des symptômes viraux, des symptômes de COVID, qui ne vont plus se faire dépister», a-t-il indiqué.

«S’il y a un Québécois sur deux ou un Québécois sur trois qui ne va pas se faire dépister, et bien, au lieu d’avoir mille cas par jour, peut-être qu’on en a 2000 dans la population et qu’on ne le sait juste pas. Et puis les décisions de déconfinement sont donc correctes en étant basées sur les chiffres connus, mais ce sont les chiffres qui ne le sont pas», a affirmé le chef des soins intensifs.

Le Dr Mathieu Simon invite donc la population à continuer de se faire dépister pour que le gouvernement prenne des décisions basées sur un portrait réel de la situation.

«On ne veut pas, ni le système de santé ni la société, revivre un confinement et on ne veut pas non plus se retrouver dans un mois à avoir à essayer de tenir à bout de bras le déconfinement pour satisfaire les exigences des Québécois et revenir en arrière plus sévèrement comme ils l’ont fait à Paris, en Allemagne ou en Angleterre», souligne-t-il.

Situation au Québec

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Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

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