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Un autochtone s’attire la colère sur internet

Il se filme achevant un caribou à coups de hache

Caribou
Captures d'écran tirées de Facebook Daniel Lalo, au nord de Havre-Saint-Pierre, alors qu’il achevait un caribou avec le dos d’une hache au début du mois.

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Un chasseur autochtone de la Côte-Nord a soulevé un déluge d’indignation sur les réseaux sociaux après avoir publié une vidéo de lui en train de tuer à la hache un caribou, une espèce pourtant menacée. 

« Je publiais ça pour montrer aux jeunes de notre communauté comment faisaient nos ancêtres. Je ne voulais blesser personne », se désole Daniel Lalo, qui s’avoue dépassé par la tournure des événements.

Confronté à des menaces de mort incessantes, il a préféré retirer sa publication. Mais le mal était fait : quelqu’un a eu le temps de recopier la vidéo et elle est repartagée sans cesse depuis le début du mois.

On y voit Daniel Lalo achever le cervidé qu’il vient d’atteindre avec son arme à feu avec le dos d’un hache. « Quand tu le tires de partout, tu perds trop de viande », défend le chasseur d’expérience, qui habite la réserve innue de Nutashkuan.

Outre la violence du geste, plusieurs y ont vu une provocation, alors que la chasse sportive au caribou forestier est interdite aux non-autochtones de la région. 

« On est conscient que c’est un animal menacé. Mes amis et moi, on n’en chasse pas plus que deux chacun par année », assure M. Lalo, qui reconnaît que certains autochtones outrepassent allègrement leur droit à la chasse de subsistance.

Réactions partagées 

Reste que le président de l’association locale de chasse et pêche est un peu dérouté par ces images.

« C’était la première fois que je voyais ça. D’habitude, c’est avec une carabine », s’est limité à dire Jean-Guy Lebrun, avare de commentaires parce que la situation est délicate.

L’affaire dépasse cependant le simple conflit entre autochtones et non-autochtones. D’ailleurs, le chef de Nutashkuan, Réal Tettaut, a réprouvé Daniel Lalo.

De son côté, le président de l’Association de chasse et pêche de Port-Cartier, Adrien Bouchard, défend le droit des Innus de chasser selon leurs propres coutumes.