/news/currentevents
Navigation

Un proxénète qui refuse de changer doit rester derrière les barreaux

Il avait contraint quatre jeunes femmes, dont deux mineures, à se prostituer

proxénète domond
Photo tirée de Facebook Chris José Bick Domond a écopé en 2020 de six ans de détention pour avoir amené quatre femmes, dont deux mineures, à se prostituer. La Commission québécoise des libérations conditionnelles lui a récemment refusé sa demande de sortie.

Coup d'oeil sur cet article

Un proxénète qui a forcé deux mineures à se prostituer essuie échec après échec pour sortir de prison parce qu’il refuse de changer.

Dans l’espoir de vivre dans un penthouse et de se procurer une BMW X6, Chris José Bick Domond a amené quatre jeunes femmes à se prostituer, dont deux de 17 ans, à Québec.

Détenu depuis son arrestation en juillet 2017, Domond a écopé d’une peine de six ans d’incarcération. Depuis, il multiplie les procédures pour sortir de prison. 

En quatre mois à peine, il a essuyé deux refus de la Cour d’appel et un de la Commission québécoise des libérations conditionnelles, qui lui demande de réfléchir davantage derrière les barreaux. 

«Malgré plusieurs années en détention, aucun geste concret observable et mesurable ne peut être mis de l’avant qui pourrait démontrer sérieusement que vous avez décidé de changer», peut-on lire dans la récente décision des commissaires Isabelle Leblond et Jean Dugré. 

Encore aujourd’hui, le détenu de 22 ans nie avoir exercé «de la pression sur des jeunes filles en les menaçant de manière subtile».

Colère contre les femmes

Les autorités carcérales dépeignent Domond comme ayant «une problématique de gestion de la colère importante et dirigée contre les femmes majoritairement». 

Le proxénète assure vouloir se reprendre en main, poursuivre ses études universitaires en administration des affaires ou en génie informatique. Mais la Commission rappelle que malgré ses succès scolaires avant son arrestation, mener une vie rangée «ne lui plaisait guère». Il préférait «faire de l’argent rapidement et illégalement».

Même en prison

À l’intérieur des murs, Domond aurait maintenu ses liens avec le proxénétisme, avait révélé la procureure de la Couronne, lors des observations sur la peine en 2020. 

En septembre 2018, il aurait obtenu de l’argent d’une des victimes de son complice proxénète, Tommy Agnant-Perreault. Un des transferts bancaires de 1500$ avait la mention «caution». Le lendemain, Domond déposait une requête pour remise en liberté, proposant une somme d’argent en garantie. 

«Il est donc de [notre] prétention d’affirmer que même à l’intérieur des murs, l’accusé continue de vivre des fruits de la prostitution», avait plaidé Me Eve Malouin, précisant que Domond savait que son complice exploitait la jeune femme. 

Sa demande de libération avait été refusée. Il a aussi essuyé des refus après son arrestation en 2017, en 2019 ainsi que l’automne dernier, alors qu’un juge de la Cour d’appel a statué que «peu a changé» depuis sa condamnation. 

Il a aussi échoué le mois dernier à la Cour d’appel pour faire annuler le jugement de culpabilité rendu à Longueuil l’an dernier.