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Un sparadrap sur une plaie béante

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En 2008, je commençais en politique et on martelait « Un enfant, une place » ! Le Québec vivait un mini baby-boom et il manquait 22 000 places pour compléter le réseau de services éducatifs à la petite enfance.

Treize ans plus tard, les enfants qui attendaient alors ont pris le secondaire et c’est moi qui attends une place en garderie pour mon enfant à naître. Je ne suis pas optimiste : 51 000 familles sont sur la liste d’attente ; 24 000 places sont octroyées sans être utilisées, faute d’éducatrices ; 1000 garderies en milieu familial ont fermé à la faveur de la pandémie. Des milliers de parents anxieux, de toutes les régions du Québec, protestent avec le mot-clic #maplaceautravail. 

Parce que le plein-emploi promis par le ministre des Finances Eric Girard n’arrivera pas si les gens ne peuvent pas retourner travailler.

Milieu de gars

La CAQ avait promis en début de mandat de créer 16 000 places. Finalement, on en a fait 2200 et on espère en ajouter 4250.

Un sparadrap sur une plaie béante, c’est ce que propose le gouvernement dans son dernier budget, en espérant que les garderies en milieu familial vont s’inventer de la place pour recevoir neuf enfants plutôt que six. On investit 33 millions pour former plus d’éducatrices, alors qu’on a trouvé 120 millions pour la main-d’œuvre dans la construction, l’industrie ayant le moins souffert de la crise pandémique.

Mais bon, la construction, c’est un milieu de gars. François Legault ignore que le plus gros facteur de croissance économique au Québec depuis la fin des années 1990, ça a été que des dizaines de milliers de femmes accèdent au marché du travail.

Le béton

On pourrait penser que, comme pour les préposées dans les CHSLD, on travaillerait jour et nuit pour que les Québécoises et les Québécois puissent concilier travail et famille, dans un esprit d’égalité et en offrant à leurs enfants les services de la meilleure qualité possible.

Mais non, parce que pour ce gouvernement qui n’en a que pour les maternelles quatre ans et le béton qu’il faut pour les créer, les garderies, ce n’est pas une priorité.