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Des parents désespérés face au manque de place en garderie

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Des parents du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont décidé de joindre leur voix au mouvement «Ma place au travail», lancé la semaine dernière pour dénoncer l’inaction de Québec, alors que plusieurs d’entre eux doivent quitter leur emploi pour garder leur enfant faute de place en garderie.

Vlad Antonov se considérait chanceux d’avoir déniché une garderie pour son petit Alexi, mais sa réjouissance a été de courte durée.

«La responsable a décidé de tout arrêter, donc ma conjointe et moi, on est en mode panique ultime parce qu’on n’a vraiment aucune solution», a-t-il indiqué.

Et le copropriétaire de la microbrasserie l’Hopéra de Jonquière ne peut pas se permettre de cesser de travailler, tout comme sa conjointe, qui est travailleuse autonome.

«Si on n’a personne pour s’occuper de nos petits bambins, est-ce qu’on arrête la population active de travailler?» s’interroge le père de famille.

La petite Julia aussi aimerait bien se trouver des amis, une mission presque impossible alors que sa mère, Myriam Corneau, a contacté plus de 80 milieux familiaux sans succès.

«Il y en a plusieurs qui me disent qu’ils ne prennent même plus de noms sur leur liste d’attente parce qu’ils savent déjà qu’ils n’ont pas de places avant 2023», a-t-elle expliqué.

C’est son conjoint, qui n’a pas de poste permanent, et les grands-parents de Julia qui se partageront donc la tâche de la garde pendant la saison estivale.

Et la mère du petit Albert a elle aussi perdu espoir.

«Mon conjoint, qui est ingénieur, avait dans l’idée de retourner aux études pour changer de carrière, et on a décidé de devancer ce plan-là de un an, pour résoudre le problème de garderie, a confié Sophie Tremblay. Il a quitté son travail un an plus tôt que prévu sans salaire.»

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, est d’ailleurs inondé d’appels de parents désemparés.

«On sait qu’on a un enjeu démographique au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Plusieurs disent que ça prend des emplois pour attirer les jeunes, mais ça prend aussi des conditions pour qu’ils restent, et les places en garderie, ça en fait partie», a-t-il insisté.

Selon les chiffres que le député a obtenus, il y aurait 1923 places subventionnées en milieu familial à Chicoutimi et à Jonquière, dont 644 qui ne sont pas disponibles à défaut d’avoir suffisamment d’éducatrices sur le terrain pour les offrir.

Plus de 800 personnes sont actuellement sur la liste d’attente pour obtenir une place.

«Tout ce que le ministre trouve le moyen de dire, c’est qu’il va faire un livre blanc, mais ce que ça prend, ce sont des places en garderie maintenant, tout de suite», a soutenu le député.

De moins en moins d’éducatrices

Le nombre d’inscriptions au programme Techniques d’éducation à l’enfance du Cégep de Jonquière est par ailleurs en diminution, étant passé de 56 en 2015 à 33 en septembre dernier.

Et les fonds annoncés par le gouvernement dans son budget pour former davantage d’éducatrices ne seront pas suffisants pour régler l’ensemble de la problématique des places en garderie, selon Sylvain Gaudreault.