/opinion/columnists
Navigation

L’alarme de la 3e vague

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre François Legault lors du point de presse sur la pandémie de COVID-19 mardi dernier.

Coup d'oeil sur cet article

J’ai une bien mauvaise nouvelle pour vous. Si on voulait éviter la troisième vague, il faut oublier ça, elle nous frappe déjà. Le seul inconnu, c’est l’ampleur qu’elle prendra. 

Lors de son point de presse demain, le premier ministre du Québec va devoir changer de ton. François Legault ne peut plus répéter que le Québec résiste aux variants, résiste à la troisième vague, que ça va bien, comme il l’a mentionné la semaine dernière. La situation a changé brusquement.

Demain, le ton doit être grave. Il faut saisir le message que cette troisième vague débute et qu’il faut se ressaisir collectivement si on ne veut pas l’échapper une fois de plus.

La situation n’est pas évidente. On a qu’à regarder ce qui se passe en France, en Italie, en Allemagne et même en Ontario pour avoir une idée de ce qui risque de nous arriver. Plus on va tarder à réagir, pire ce sera. Notre taux de vaccination de près de 15 % n’est pas assez élevé pour avoir un impact, sauf peut-être chez nos aînés de 70 ans et plus.

Fini les assouplissements

Le gouvernement ne peut plus annoncer d’assouplissements. Avec la montée des cas et dans le contexte des variants qui sont encore plus contagieux, l’élastique a été étiré au maximum. Des experts de santé publique et le Collège des médecins du Québec demandent même au gouvernement de reconsidérer l’allègement de certaines mesures, dont le passage en zone jaune de quelques régions.

Une fête pascale risquée

François Legault devra être clair. Il faut que ce soit tolérance zéro pour la fête de Pâques. Après la traditionnelle dinde de Noël, ce sera au tour de l’agneau pascal de subir un régime minceur. Il ne peut pas y avoir d’ambiguïté dans le discours.  

Il faut aussi expliquer que les variants affectent davantage les adultes plus jeunes pour éviter que les gens croient à tort qu’il n’y a plus de risque de visiter ou d’inviter leurs parents, étant donné qu’ils sont vaccinés. Après des mois sans contacts sociaux et le retour du beau temps, la tentation est grande, mais il faut la réprimer pour éviter un reconfinement généralisé.

Des choix difficiles

Après plus d’un an de pandémie, il sera de plus en plus difficile pour le gouvernement Legault d’imposer des mesures sévères. Un confinement, c’est violent socialement et la population n’en peut plus. Trouver le juste milieu est tout un défi. Il faut rassurer la population inquiète, prendre des mesures pour éviter le délestage dans les hôpitaux ou même pire, devoir trier les patients, tout en évitant la désobéissance civile. 

Évidemment, on souhaite tous que cette troisième vague s’estompe rapidement, mais, pour y parvenir, il faut casser la chaîne de transmission. Ça veut dire de redoubler de prudence et se faire tester dès le moindre doute. Malheureusement, il y a eu un relâchement de ce côté-là.  

Quant à la campagne de vaccination, on se croise les doigts pour qu’elle s’accélère afin que nous ayons tous une première protection pour le début de l’été. En espérant que la prochaine vague sera celle qui ramènera le sable de la plage sur nos pieds cet été, en compagnie des gens qu’on aime, sans avoir à craindre le fameux virus.