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Trois nouveaux projets de bus rapides

La Société de transport de Montréal a des plans pour Côte-des-Neiges, Henri-Bourassa et du Parc

Comprendre la comorbidité

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La Société de transport de Montréal songe à implanter des services rapides par bus sur trois des axes les plus fréquentés de son réseau, soit Henri-Bourassa, Côte-des-Neiges et du Parc, a appris Le Journal.

Les services de bus rapides (SRB) sur Côte-des-Neiges et du Parc seraient tous deux situés entre les rues Jean-Talon au nord et René-Lévesque au sud. Le futur SRB Henri-Bourassa pourrait être construit entre l’autoroute 15 à l’ouest et le boulevard Lacordaire à l’est.

Le concept de SRB consiste en l’aménagement de voies réservées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, où les autobus peuvent circuler sans être pris dans la circulation.

Cela rend le transport en commun plus rapide et attrayant. La STM vise d’ailleurs à obtenir un gain de temps de 15 à 30 % pour les usagers de ces lignes.

Dans une étude de préfaisabilité qui n’avait jamais été rendue publique, la firme de génie CIMA+ affirme que les voies réservées actuelles sur Côte-des-Neiges et du Parc sont par moment interrompues, « ce qui place les autobus dans la congestion ».

« La faible ponctualité diminue l’attrait du service. Le statu quo n’est pas acceptable », concluent les experts.

Moins de place pour les autos

Mais on ne fait pas une omelette sans casser des œufs. L’ajout de voies pour les autobus nécessitera de réduire l’espace alloué aux automobiles.

Puisqu’ils sont trop étroits, certains tronçons devront être modifiés de manière permanente pour pouvoir accueillir un SRB, démontre le document.

L’avenue du Parc deviendrait ainsi un sens unique vers le sud entre les rues Jean-Talon et Mont-Royal. Seuls les autobus pourraient y circuler en direction nord. 

Le chemin de la Côte-des-Neiges deviendrait pour sa part un sens unique vers le s--ud entre les rues Van Horne et Queen-Mary.

À l’heure actuelle, la société de transport en est à commander des études plus approfondies sur la question.

Un contrat pourrait être octroyé prochainement pour planifier le SRB Henri-Bourassa, tandis qu’un appel d’offres vient de se terminer pour obtenir des services professionnels pour étudier les axes Côte-des-Neiges et du Parc.

Les firmes retenues auront deux ans pour réaliser une étude de faisabilité, diverses analyses préparatoires, des comptages routiers ainsi que des plans et devis préliminaires et définitifs.

Pas d’échéancier

Ainsi, les plans finaux seraient remis à la STM en 2023 et pourraient être présentés dans d’éventuelles audiences publiques.

Pour l’instant, aucun budget ni échéancier de construction n’ont été avancés.

« Ces études permettront d’identifier une infrastructure adaptée au besoin et intégrée au milieu pour chaque axe. Une évaluation des coûts sera précisée au fur et à mesure des phases d’études », indique le porte-parole de la STM, Philippe Déry.

À Montréal, on compte deux autres projets qui portent le vocable de SRB, mais ils sont très différents. 

Celui sur Sauvé/Côte-Vertu, mis en service cet hiver, ne comprend pas de stations d’envergure et a coûté 28 M$. À l’opposé, le SRB Pie-IX, un projet sans cesse retardé et qui doit voir le jour en 2022, coûtera près de 650 M$ selon les dernières estimations.

Autre stratégie à Québec

Pendant ce temps, à Québec, il n’y a plus aucun SRB sur la table. Le défunt projet à plus d’un milliard $, abandonné en 2017 par la Ville de Québec, a été remplacé par un éventuel tramway trois fois plus cher. 

La portion SRB (rebaptisée « trambus ») qui devait voir le jour avec des autobus biarticulés sur le boulevard Charest dans le cadre du projet actuel de réseau structurant de transport en commun a également été abandonnée l’an dernier au profit d’un métrobus sur une voie réservée. 

Qu’est-ce qu’un Service rapide par bus (SRB) ?

  • Ligne d’autobus à haute fréquence
  • Circule dans une voie réservée permanente
  • Bénéficie de feux prioritaires aux carrefours 

René-Lévesque écarté

La STM envisageait aussi l’automne dernier un projet de SRB sur le boulevard René-Lévesque, avant de l’abandonner. Un appel d’offres pour une étude avait même été lancé. 

Les images de la préétude, qui a coûté environ 15 000 $, montrent des voies réservées placées au centre du boulevard, avec les stations de part et d’autre, entre Atwater et de Lorimier.

Toutefois, l’annonce du REM de l’est par le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt, en décembre, est venue chambouler les plans.

« L’analyse plus poussée d’un SRB n’est plus nécessaire actuellement. Le contrat pour une étude étoffée n’a donc pas été octroyé », a indiqué le porte-parole de la STM, Philippe Déry.