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Un boisé est menacé... par un écoquartier

Le projet de Saint-Jérôme équivaut à 223 terrains de soccer

Saint-Jérôme écoquartier
Photo Cédérick Caron Alex Beauvais et Jessica Riggi font partie des résidents de Saint-Jérôme qui s’interrogent sur le projet de quartier qui sera situé près du sentier que l’on voit derrière.

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Des citoyens de Saint-Jérôme inquiets s’insurgent contre un paradoxal projet de construction d’écoquartier... qui engendrera la coupe de plusieurs arbres.

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« C’est quand même ironique qu’on doive couper des arbres et altérer un milieu humide pour construire un quartier qu’on dit écologique », souligne Alex Beauvais, qui est à la tête d’un groupe de Jérômiens préoccupés. 

Une pétition demande la protection du secteur et une plus grande transparence de la Ville dans ce dossier. Elle a jusqu’à présent obtenu 6805 signatures. 

En janvier, les élus de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, ont approuvé une entente de principe pour le développement d’un quartier d’une superficie de 167 hectares [223 terrains de soccer] près de son complexe multisports. 

Les terrains appartenant aux promoteurs sont boisés, renferment plusieurs marécages et sont utilisés par la population qui se les est appropriés en y aménageant plusieurs sentiers. À terme, d’ici 15 ans, le projet devrait comprendre 4200 domiciles allant de la maison unifamiliale aux immeubles multilogements et attirer 10 000 résidents. 

D’autres solutions

Jessica Riggi, une adepte des sentiers du secteur, qui fait un doctorat en histoire de la gestion des risques environnementaux, s’interroge sur la nécessité de construire sur ce site. 

« C’est une vieille façon de faire du développement urbain. La Ville pourrait offrir aux promoteurs de construire sur des terrains existants devant être décontaminés et offrir une subvention », suggère-t-elle. 

« Il y a toujours d’autres options. La Ville peut racheter les terrains aux promoteurs, comme Montréal l’a fait, pour créer un grand parc dans l’ouest », cite en exemple Jérôme Dupras, spécialiste en aménagement du territoire. 

Pas de coupe à blanc 

« Il n’est pas question d’arriver là et de faire une coupe à blanc. [...] Il y a même des milieux humides que nous prévoyons laisser dans leur état naturel », assure Jean-Sébastien Tremblay, coprésident du Groupe TRÉMÄ, un des trois promoteurs. 

Commerces de proximité, transport actif et durable et habitations leed sont au cœur des préoccupations du constructeur, qui promet qu’une séance d’information devrait avoir lieu à la mi-avril. « On veut répondre aux questions, mais on est aussi ouvert à bonifier le projet, selon les commentaires », soutient M. Tremblay. 

La Ville de Saint-Jérôme a refusé la demande d’entrevue du Journal.  

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