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COVID-19: deux patineurs victimes de négligence

Plusieurs questions demeurent sans réponse après un premier test positif

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Photo courtoisie Les danseurs Simon Proulx-Sénécal et Tina Garabedian ont été privés d’une participation au championnat mondial de patinage artistique en raison d’un test faux positif. Les deux tests subséquents se sont révélés négatifs, mais il était trop tard pour qu’ils puissent sauter sur la glace pour tenter de se qualifier pour les Jeux olympiques.

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La participation au championnat mondial de patinage artistique à Stockholm a tourné au cauchemar pour le couple de danseurs Simon Proulx-Sénécal et Tina Garabedian.

Débarqué dans la capitale de la Suède avec l’espoir de mériter son laissez-passer pour les Jeux olympiques de 2022 à Pékin sous les couleurs de l’Arménie, le couple est rentré à Montréal sans même avoir pu participer aux mondiaux. 

Vendredi, tout juste avant que leur groupe ne saute sur la glace en prévision du programme court, Proulx-Sénécal et Garabedian ont appris que la Fédération internationale de patinage artistique (ISU) les retirait pour des raisons médicales.

« Je suis encore sous le choc de tout ce qui s’est passé, résume Proulx-Sénécal, qui est en quarantaine à son hôtel à Montréal depuis son retour au pays, lundi. Il y a une incompréhension de la gestion de la situation. Nous avons mis beaucoup d’heures pour réaliser notre rêve olympique et ce retrait du mondial me blesse. »

Test négatif en mains à leur arrivée en Suède, le 21 mars, le couple a subi un test COVID-19 le jeudi 25 mars comme le prévoyait le protocole. 

Le lendemain matin, à 7 h 15, Proulx-Sénécal était prévenu que son résultat était positif alors que celui de Garabedian était négatif. 

À 10 h 30, un deuxième prélèvement a été effectué.

Résultat tardif

La Fédération arménienne a fait des démarches pour que le résultat soit connu le plus rapidement possible puisque le programme court était prévu à 13 h. 

Le résultat toujours positif est finalement arrivé à 20 h 30.

« Parce que j’avais respecté toutes les règles et que je n’avais pas de symptômes, je n’arrivais pas à y croire, raconte Proulx-Séncal, qui s’entraîne en compagnie de sa partenaire à l’Académie de glace de Montréal. J’étais dévasté et je n’ai pas dormi de la nuit. Samedi, à 10 h 30, j’ai demandé un troisième prélèvement parce que je n’avais pas reçu les analyses de mes deux premiers tests, mais seulement une confirmation de notre directeur d’équipe qui avait été avisé par un docteur. À 21 h 10, j’ai reçu un résultat négatif. Je ne comprenais pas. Je ne pensais pas que c’était possible de guérir du COVID-19 en deux jours. 

« À 22 h, j’ai reçu les résultats officiels de mon test et il était négatif, tout comme celui de vendredi qui est revenu négatif, de poursuivre le patineur de 29 ans qui a reçu, mardi soir, un autre résultat négatif d’un laboratoire privé du test subi à son retour à Montréal, lundi. 

« Il y a eu une grosse faille dans leur système de tests et les délais étaient trop longs. Une plus grosse fédération que la nôtre avec plus de pouvoirs aurait mis plus de pression et la Fédération internationale aurait poussé plus fort pour s’assurer de la validité et de l’analyse adéquate des résultats. »

Proulx-Sénécal soutient que le résultat de son premier test aurait dû éveiller les soupçons. 

« Avec mon seuil de 19,7, le personnel médical aurait dû lever un drapeau au lieu d’attendre près de 24 h pour procéder à un deuxième test, explique-t-il. Le seuil pour un réel positif se situe entre 23,8 et 33,2, selon les critères de la Santé publique. Une telle erreur ne devrait pas arriver dans un championnat mondial. »

« Ce n’est pas acceptable » 

Le couple a retenu les services du cabinet Morgan Sports Law, spécialisé dans les litiges sportifs. 

Une rencontre s’est déroulée, mardi, entre la Fédération arménienne et l’ISU. 

« Ce n’est pas acceptable, une telle situation, affirme Garabedian. L’ISU doit prendre ses responsabilités, présenter ses excuses et nous accommoder. On ne laissera pas aller ça sans réagir et on veut obtenir des réponses sur notre qualification olympique. 

« On nous a empêchés de compétitionner pour quelque chose qui n’est pas de notre faute. Chaque fois que je raconte notre histoire, je me fâche davantage et je pleure encore plus. »

Une deuxième et dernière qualification olympique aura lieu en Allemagne en septembre. 

Un total de 13 pays se disputeront les quatre dernières places disponibles.