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Visé par une enquête formelle de l’UPAC, le caquiste Louis-Charles Thouin se retire du caucus

assermentation CAQ
Photo d'archives François Legault et Louis-Charles Thouin lors de l’assermentation du député, après l’élection de 2018.

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Visé par une enquête formelle de l’Unité permanente anticorruption, le député Louis-Charles Thouin a annoncé hier son retrait du caucus de la Coalition avenir Québec.

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M. Thouin a fait part de cette décision moins d’une heure après la publication par notre Bureau d’enquête d’informations confirmant que les policiers l’ont maintenant pour cible.

« Bien que je considère n’avoir rien à me reprocher, par respect pour mes collègues, je ne veux pas être une distraction pour le gouvernement, a-t-il mentionné dans un communiqué. J’ai donc choisi de me retirer le temps de faire la lumière sur les propos rapportés. »

Deux sources qui ont requis l’anonymat nous avaient un peu plus tôt informés de la décision de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de donner suite à une plainte alléguant que M. Thouin a utilisé son rôle de maire de Saint-Calixte, de 2010 à 2017, pour avantager la SPCA Lanaudière-Basses Laurentides (SPCA LBL).  

  • Écoutez l’entrevue de Danielle Pilette, professeure à l’UQAM et experte en gestion municipale   

Il y a une semaine, notre Bureau d’enquête exposait en détail comment M. Thouin avait été associé à des décisions touchant trois entreprises, dont la SPCA LBL, reliées à des membres de sa famille et à un entrepreneur qui est devenu son ami.

« POSSIBLES INFRACTIONS »

À l’occasion d’une conférence de presse sur la gestion de la pandémie, M. Legault a affirmé que ce retrait temporaire du caucus était devenu nécessaire.

« La semaine dernière, on parlait d’un dézonage et là on parle de plusieurs possibles infractions », a-t-il dit sans préciser exactement à quoi il réfère. 

Il s’agit de la première enquête connue de l’UPAC à viser un député de la CAQ.

Selon une première source qui a confirmé l’information, plusieurs personnes ont déjà été questionnées. Le travail des enquêteurs s’annonce « long et complexe », a indiqué une deuxième source.  

  • Écoutez le directeur du Bureau d'enquête de Québecor, Jean-Louis Fortin, avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

 

DÉZONAGE

Avant l’UPAC, le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale avait déjà ouvert une enquête quant au rôle joué par M. Thouin dans une autorisation gouvernementale ouvrant la porte au dézonage de vastes terres agricoles dans la MRC de Montcalm, où il a été préfet jusqu’en 2018. Ces informations avaient été révélées par le quotidien La Presse.

Notre Bureau d’enquête a également exposé comment M. Thouin est intervenu à titre de maire en faveur d’une demande de dézonage d’un entrepreneur de Saint-Calixte en 2017.

Alors qu’il était maire, M. Thouin a également conclu des transactions avec une entreprise où sa belle-fille, qu’il présente comme sa fille, était cadre. Il s’est aussi associé à l’annonce d’un financement de 2 millions $ à cette entreprise, en septembre dernier.