/news/education
Navigation

Journée de grève dans une quarantaine de cégeps

À Québec, les étudiants du Cégep de Sainte-Foy sont en congé forcé

Coup d'oeil sur cet article

Environ 10 000 enseignants, professionnels et membres du personnel de soutien d’une quarantaine de cégeps sont en grève mardi, alors que leurs conventions collectives sont échues depuis un an.

À Québec, les enseignants du Cégep de Sainte-Foy exercent une journée de débrayage, alors qu’au Cégep Garneau, ce sont les professionnels et membres du personnel de soutien qui sont en grève. Les cours en présentiel et à distance ont tout de même été annulés, a annoncé la direction, tôt mardi matin. 

Des syndiqués du réseau collégial manifestaient mardi matin devant le cégep de Sainte-Foy, où les enseignants sont en grève pour la journée. Sur la photo, Amélie-Elsa Ferland-Raymond, présidente du syndicat qui représente les professeurs du cégep de Sainte-Foy (en avant à gauche) et Lucie Piché (en avant au centre), présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep.
Photo Daphnée Dion-Viens
Des syndiqués du réseau collégial manifestaient mardi matin devant le cégep de Sainte-Foy, où les enseignants sont en grève pour la journée. Sur la photo, Amélie-Elsa Ferland-Raymond, présidente du syndicat qui représente les professeurs du cégep de Sainte-Foy (en avant à gauche) et Lucie Piché (en avant au centre), présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep.

Dans l’est de la province, les cours sont aussi suspendus dans les cégeps de Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane et de la Gaspésie et des îles. 

Au total, le débrayage touchera une quarantaine de collèges, où des employés sont représentés par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). 

«Coup de semonce»

Ces syndiqués du réseau collégial dénoncent «l’impasse» dans leur négociation avec le gouvernement Legault. 

«On veut sonner l’alarme parce qu’il y a urgence de régler dans le secteur public. En éducation, on a des étudiants fragilisés et des profs épuisés qui ont besoin de ressources, affirme Lucie Piché, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ). C’est un premier coup de semonce que de faire cette première journée de grève dans le réseau collégial, dont on n’entend pas souvent parler.»    

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Valérie Fontaine, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur, sur QUB radio:    

Au Cégep de Sainte-Foy, la présidente du syndicat qui représente les professeurs affirme que le statu quo n’est tout simplement pas envisageable.  

«On est rendus à la grève parce qu’il y a vraiment de grands besoins dans le réseau collégial, et le gouvernement ne veut rien entendre», affirme Amélie-Elsa Ferland-Raymond. 

Depuis 10 ans, le nombre d’étudiants à besoins particuliers — un trouble d’apprentissage, un déficit d’attention ou des problèmes de santé mentale — a augmenté de 700% dans le réseau collégial, alors qu’il n’y a eu aucune augmentation de ressources dans les rangs des enseignants au cours de la même période, déplore-t-elle. 

Jonathan Pellicelli enseigne la chimie au Cégep de Sainte-Foy depuis 13 ans. À ses débuts, il pouvait compter deux à trois étudiants à besoins particuliers par groupe, alors qu’on en retrouve maintenant jusqu’à une dizaine, dans des classes qui regroupent une quarantaine d’élèves, raconte-t-il. 

Les syndiqués reconnaissent par ailleurs que cette journée de grève «provoque un désagrément à court terme» pour les étudiants, mais ils estiment que le maintien du statu quo est beaucoup plus nuisible pour eux à long terme. 

La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Noémie Veilleux, était d’ailleurs présente au Cégep de Sainte-Foy mardi matin pour appuyer les syndiqués dans leurs revendications, tout comme le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. 

Au cours des dernières semaines, les membres de la CSQ se sont prononcés pour un mandat de grève de cinq journées ponctuelles à exercer «au moment opportun». 

Au cabinet de la présidente du Conseil du trésor Sonia LeBel, on s’est contentés d’indiquer lundi que les leaders syndicaux ont été convoqués mardi soir, en vue d’un troisième dépôt des offres gouvernementales prévu mercredi. 

À VOIR AUSSI | Pandémie: pas facile pour le moral des jeunes