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La murale d’Alfred Pellan reste à Granby

La murale d’Alfred Pellan reste à Granby
Photo COURTOISIE, Société d’histoire de la Haute-Yamaska (Chantal Lefebvre)

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La murale de l'artiste Alfred Pellan montrant saint Patrick, le patron des Irlandais, sur un immeuble de Granby voué à la démolition, restera à Granby. 

Lundi soir, le conseil municipal de l'endroit a décidé de ne pas donner suite aux offres d’achat pour l'oeuvre et de prendre le tout à sa charge, afin de la garder dans la ville.

«La Ville s’occupera de la désinstallation de l’œuvre ainsi que de son entreposage», a indiqué le service des communications de Granby, dans un communiqué, ajoutant qu’elle «sera prélevée du mur du bâtiment où elle se trouve et transportée vers un lieu d’entreposage prochainement».

La décision a été prise dans la foulée de la confirmation d’une subvention de 50 000 $ pigés à même l’enveloppe discrétionnaire de la ministre de la Culture, Nathalie Roy. C’est son collègue, le ministre François Bonnardel, qui est député de la circonscription de Granby, qui a confirmé l’octroi de cette aide au maire Pascal Bonin, peu de temps avant la réunion du conseil municipal.

Le dossier de la murale, qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois, n’était pas à l’ordre du jour de la séance, mais a été ajouté à la dernière minute et une décision a été rapidement prise pour que la Ville s’occupe elle-même de la sauvegarde de l’œuvre.

«Conserver l'oeuvre à Granby reste l'option la plus cohérente à prendre», a affirmé le maire Bonin, lundi soir.

La Ville de Granby avait tenté de la vendre au plus offrant lors d'une vente aux enchères plus tôt ce mois-ci, mais personne ne s'était manifesté. Des offres, dont une de 25 000 $ (la plus élevée) faite par Hydro-Québec, avaient toutefois été déposées dans les jours suivants. La société d'État comptait installer la murale sur un site près du pont Victoria du côté montréalais à la mémoire des Irlandais morts du typhus en 1847.

Lundi soir, lors de son changement de cap inattendu, la Ville a décidé de mandater le Centre de conservation du Québec pour le démantèlement de la murale (une mosaïque de tuiles de céramique) dont le coût est estimé à 58 500 $ (avant taxes). Des frais de 20 000 $ sont également prévus pour l’entreposage, la protection et les imprévus, pour un grand total de près de 80 000 $.

Une fois la murale retirée du mur extérieur de l'immeuble occupé actuellement par la MRC de la Haute-Yamaska, la Ville pourra évaluer les différentes options de restauration et de réutilisation de l’œuvre.

Mais, aucune décision sur le prochain emplacement de la murale ne sera prise avant les élections municipales en novembre prochain.

«Ça sera au prochain conseil municipal de décider. Il va devoir analyser tous les immeubles pour savoir à quel endroit la murale pourrait être installée. C’est une œuvre assez massive qui ne s’intègre pas n’importe où», a mentionné le maire Bonin, joint par l'Agence QMI. Il a ajouté que la restauration et la réinstallation de la murale coûteront «au moins 100 000 $», ce qui devra être additionné aux coûts liés à son retrait de son emplacement actuel et à son entreposage qui, selon lui, dépasseront les 80 000 $ prévus.

Le saint Patrick de Pellan avait été réalisé en 1958 pour l'immeuble en question qui était à l'époque une école irlandaise. L’édifice doit être incessamment démoli dans le cadre d'un projet de construction de nouveaux bureaux pour les employés de la MRC.

Des acteurs du milieu culturel, des groupes de citoyens de Granby et la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, avaient fait des pieds et des mains ces derniers mois pour que la murale soit sauvegardée et qu’elle reste dans la ville.

Le maire, qui en avait annoncé la destruction l’an dernier avant de décider de la vendre il y a quelques semaines, a admis avoir mal géré le dossier.

«J’ai mal pris la mesure du public. En 12 ans, on m’a parlé de cette œuvre une seule fois. Je n’aurais pas imaginé que de se départir de cette œuvre soulèverait un si grand tollé. Jamais je n’aurais cru que ce dossier allait prendre une telle proportion. Mais, au final, les gens ont été entendus.»

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