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Le sénateur Boisvenu veut obliger le port du bracelet électronique pour les hommes violents

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu
Photo d'archives, AGENCE QMI Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu

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Le sénateur conservateur québécois Pierre-Hugues Boisvenu a déposé un projet de loi au Sénat, mardi, visant à obliger le port du bracelet électronique de surveillance pour les hommes violents.

«Beaucoup trop de femmes assassinées ont payé de leur vie parce qu'elles ne voulaient plus accepter d'être soumises face à un conjoint violent ou un ex-conjoint violent. Elles ont payé de leur vie parce que le système de justice les incite à dénoncer, mais d'autre part, ne les protège pas adéquatement quand elles ont le courage de le faire», a plaidé le sénateur Boisvenu mardi en conférence de presse, dans la foulée d'une série noire de féminicides qui a coûté la vie à au moins sept femmes au Québec dans les dernières semaines.

Le projet de loi S-232 viendrait corriger certaines lacunes en donnant plus de mordant au système de justice. Il permettrait notamment à un juge d'imposer le port du bracelet électronique aux hommes violents remis temporairement en liberté en attendant leur procès.

Advenant qu'un prévenu s'approche de sa victime, celle-ci et les autorités seraient aussitôt averties, ce qui permettrait à la fois d'échapper au contrevenant et de l'arrêter. Cette pratique a notamment fait ses preuves en Europe, a souligné le sénateur.

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De plus, le projet de loi prévoit la création de nouvelles ordonnances de ne pas troubler la paix conçues spécialement pour les cas de violence conjugale. Ces ordonnances pourraient durer deux ans plutôt qu'un, et les peines de prison qui y sont associées seraient plus lourdes que pour les ordonnances classiques, a expliqué le sénateur.

La loi permettrait aussi à un juge d'obliger un homme coupable de violence conjugale à suivre une thérapie. «En tant que société responsable, nous ne pouvons plus seulement suggérer à ces hommes d'aller chercher de l'aide; nous avons le devoir d'exiger qu'ils y aillent parce que les vies d'innocentes victimes en dépendent», a affirmé le politicien.

Cela dit, les services destinés aux hommes violents sont difficiles à obtenir. Le sénateur Boisvenu, conscient du problème, a réclamé que les gouvernements en fassent plus pour aider à les financer.

Le projet de loi déposé par le sénateur est encore loin d'avoir été adopté. Il faudra notamment voir si la Chambre des communes acceptera de l'étudier et d'y donner suite.