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Médias sociaux: la solution est entre nos mains

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Je ressens simultanément de la sympathie et de l’agacement. Je vous explique.

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Des élus se plaignent des insultes et des menaces reçues par l’entremise des médias sociaux, et quittent la vie publique.

Des vedettes de la télévision ou des arts disent la même chose.

Des journalistes, des chroniqueurs disent la même chose.

Le premier ministre dit la même chose.

Des scientifiques goûtent aussi, pour la première fois, à la médecine des cyberenragés depuis les débuts de la pandémie.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

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J’y ai goûté et je ne prétendrai jamais qu’il est plaisant d’être insulté ou menacé. 

Alors, que faire ?

Patrick Lagacé notait avec raison qu’il est illusoire d’espérer que Facebook et Twitter resserrent leurs règles alors que leur modèle d’affaires repose sur l’attraction et la rétention du plus grand nombre possible de gens pendant autant de temps que possible.

Forcément, cela suppose une extraordinaire tolérance puisque ces enragés font partie de ceux qui génèrent des milliards.

De nouvelles lois ? Peut-être, mais imaginez les litiges juridiques interminables sur des mots.

Éduquer les gens ?

La planète n’a jamais été aussi éduquée et voyez les résultats. S’il y a une chose que l’histoire enseigne, c’est que l’éducation ne nettoie pas les coins les plus sombres de l’âme humaine.

Alors, qu’est-ce qui, comme je le disais plus haut, m’agace dans ces jérémiades ?

Combien de politiciens dégoûtés par les médias sociaux s’en sont abondamment servis pour vanter leurs bons coups et décocher des flèches à leurs adversaires ?

Combien d’artistes en panne d’inspiration font davantage parler d’eux à travers leurs niaiseries sur les médias sociaux qu’au moyen de leur art ? 

Combien de journalistes et de chroniqueurs utilisent les médias sociaux pour « ploguer » leur reportage, leur texte du jour, leur prochain projet ?

N’est-il pas cruellement ironique de les entendre aujourd’hui se plaindre d’un outil dont ils ont abondamment profité pour leur autopromotion ?

La seule vraie solution, c’est de quitter les médias sociaux. Aussi simple que cela. 

Vous connaissez le mot d’esprit américain : si vous trouvez qu’il fait trop chaud dans la cuisine, personne ne vous oblige à y rester.

J’ai quitté Facebook et Twitter, et mon double travail de prof d’université et de chroniqueur n’en a pas souffert.

Si quelque chose se passe sur les médias sociaux qui vaut la peine, mes proches m’en avertissent. 

Ça n’arrive pas souvent, car il n’y a justement pas grand-chose valant la peine qui s’y passe.

Consentir

Celui qui se fait attaquer sur les médias sociaux donne en quelque sorte la permission aux enragés de l’attaquer par le simple fait d’y être.

Si vous montez sur un ring de boxe, ne vous étonnez pas ensuite de recevoir des coups. Mais qui vous oblige à y aller ?

Gandhi disait qu’il faut incarner soi-même le changement qu’on espère voir survenir.

Vous n’aimez pas cette violence ? Quittez-la. Personne ne vous force à l’endurer. 

D’ici là, braillez donc sur d’authentiques malheurs. Le monde n’en manque pas.