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Il est temps de mettre le holà à la Chine

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Un diplomate chinois vient d’accuser Justin Trudeau d’être « un garçonnet... un laquais des États-Unis ». Le consul général de Chine à Rio de Janeiro, Li Yang, n’aurait pas proféré une telle insulte sans avoir l’assentiment de Pékin.

Le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne viennent d’imposer des sanctions à des responsables chinois pour violations des droits de la minorité ouïgoure

Deux Canadiens ont été victimes d’un simulacre de procès pour espionnage. La Chine exige la libération de la vice-présidente de Huawei assignée à résidence à Vancouver, qui conteste son extradition vers les États-Unis.

Les tensions s’intensifient entre l’Occident et la Chine. Que faire pour contrer l’outrecuidance du pays en voie de devenir la puissance économique et militaire dominante de la planète ?

Le maillon faible de la stratégie chinoise

Les pays démocratiques n’ont pas beaucoup d’options. Mais il en est une qui pourrait se révéler d’une redoutable efficacité : développer une stratégie étroitement coordonnée pour saper l’influence chinoise dans les organisations internationales.

La Chine dépense beaucoup d’argent pour acheter des votes afin que les projets qu’elle met de l’avant soient adoptés ou ceux qui la défavorisent rejetés. Elle ou ses affidés ont souvent des positions de leadership dans ces organisations. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’influence de la Chine sur l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pékin s’active constamment à changer leurs valeurs, leurs normes et leurs pratiques pour qu’elles reflètent celles du Parti communiste chinois. Au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, la Chine favorise des politiques qui lui évitent d’être condamnée pour des actions répréhensibles en matière de droits de la personne.

La Chine exerce une influence marquée sur la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Son ascension en tant que puissance économique mondiale a d’ailleurs commencé avec son admission à l’OMC en 2001 et s’articule toujours autour de sa capacité à exploiter les faiblesses des règlements et des mécanismes de contrôle de l’Organisation. Ça suffit !

La Chine, un pays pauvre et sous-développé, mon œil !

Elle conserve toujours à l’OMC son statut de « pays en développement ». C’est scandaleux ! La deuxième économie mondiale est dans la même catégorie que le Congo, Haïti et le Venezuela. Toute réforme de l’OMC doit s’articuler là-dessus.

Autre abus chinois obscène, le Canada et tous les autres pays développés subventionnent les envois par la poste de produits chinois à des clients étrangers. 

L’Union postale universelle accorde à la Chine des remises d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars par an parce qu’elle est toujours considérée par l’UPU comme un pays pauvre sous-développé.

Au lieu de forger une coalition pour contrer la Chine dans les organisations internationales, la réaction stupide de Donald Trump a été d’en retirer les États-Unis. Le crétin a cédé la place à Pékin. Heureusement, ça va changer avec Biden.

L’Occident et ses alliés doivent contraindre les Chinois à se soumettre, humblement, aux règles, comme tout le monde. Ou à leur en faire payer le prix.