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La santé buccodentaire des Québécois n’est pas une priorité pour le gouvernement

Dentiste
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En ce 31 mars 2021, cela fait maintenant six ans qu’il n’y a plus d’entente entre l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) concernant le régime public de soins dentaires.

À la veille du mois national de la santé buccodentaire, l’ACDQ souligne ce triste anniversaire afin de rappeler au gouvernement du Québec sa responsabilité en la matière, notamment afin d’assurer l’accessibilité des soins dentaires, particulièrement aux personnes vulnérables.

Or, compte tenu de l’absence prolongée d’une telle entente, il y a lieu de se questionner sur l’ordre de priorité qu’en fait le gouvernement.

Une entente svp

Le premier ministre François Legault ayant ajouté la fée des dents sur la liste des services essentiels le printemps dernier, l’ACDQ souhaiterait que son gouvernement en fasse autant pour les dentistes en démontrant une volonté ferme de conclure avec diligence l’entente sur les soins dentaires couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Aux yeux de nos membres, ce serait là une manière de reconnaître enfin les soins qu’ils rendent quotidiennement à la population et leur rôle essentiel

dans la prévention et le traitement des maladies de la bouche. Ce sont plus de 4300 dentistes dans tout le Québec qui veillent à la santé buccodentaire des Québécois, dont des dentistes généralistes, certains dentistes spécialistes et d’autres collègues qui travaillent dans les communautés du Grand Nord.

Bonifier le service public

En effet, malgré l’absence d’une entente avec le gouvernement, les dentistes ont su démontrer leur bonne foi en continuant d’offrir, durant ces six années, des soins de qualité à tous leurs patients. Et cela, en tenant à bout de bras un programme qui menace de s’écrouler par ses fondations fissurées.

Non seulement le programme actuel ne couvre pas la prévention pour les enfants de moins de 10 ans assurés par le régime, mais il ne reflète pas la réalité actuelle des soins buccodentaires, notamment en ce qui a trait aux types de matériaux disponibles et aux nouvelles techniques reconnues; ce programme public répond davantage à des normes obsolètes plutôt qu’aux normes actuelles.

En négligeant de s’entendre avec les dentistes, le gouvernement met à mal la santé buccodentaire de la population. C’est notamment le cas dans les communautés autochtones du Grand Nord, où les dentistes doivent composer avec des conditions de travail moins avantageuses que celles des autres professionnels de la

santé de ce milieu. Cette situation nuit au recrutement de dentistes, alors que plusieurs postes permanents ne sont pas comblés, occasionnant de plus en plus de bris de services dans ces communautés.

Il va de soi que l’amélioration des soins offerts aux Québécois et Québécoises repose en tout premier lieu sur la volonté d’agir du gouvernement et son désir d’y injecter les fonds adéquats et suffisants. Ce dernier ne nous a pas jusqu’ici démontré que les soins dentaires étaient une priorité à ses yeux. L’ACDQ est pleinement disposée à conclure cette entente dans l’intérêt de tous. Nous espérons que le gouvernement entendra cet appel.

Le Dr Carl Tremblay, président de l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ)

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