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Le géant Airbus grossit à Mirabel

La multinationale récupère l’espace où Bombardier assemblait les avions CRJ

Airbus A220
Photo Pierre-Paul Poulin Florent Massou (à gauche), chef de l’A220, et Sylvain Leclerc, chef de l’exploitation du programme, devant la future ligne de préassemblage d’Airbus, à Mirabel. Elle occupera un immense espace d’une superficie de plus de 100 000 pieds carrés.

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Même si le secteur de l’aviation est encore aux soins intensifs, Airbus se prépare déjà à l’après-crise en investissant massivement dans son usine de Mirabel.

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Le géant européen vient de reprendre la partie de l’usine où Bombardier a assemblé des jets régionaux CRJ jusqu’en janvier. Le dernier appareil CRJ a été livré au transporteur américain Delta Air Lines en février.

Bombardier est repartie avec son équipement, laissant derrière elle un vaste espace de plus de 100 000 pieds carrés. Airbus en fera sa ligne de préassemblage pour la gamme d’avions A220, l’ancienne C Series de Bombardier.

« Investissement substantiel »

Il s’agit d’un « investissement substantiel », a indiqué hier au Journal Florent Massou, chef du programme A220 chez Airbus, sans vouloir en dire davantage. Rappelons toutefois que globalement, l’avionneur prévoit investir plus d’un milliard de dollars dans l’A220 cette année, après y avoir injecté des centaines de millions de dollars l’an dernier.

Pour contribuer au financement de l’A220, Airbus emprunte sur les marchés. Ces emprunts sont en partie garantis par le gouvernement du Québec, actionnaire de l’A220 à hauteur de 25 %.

Airbus s’est inspirée de son modèle de production en Europe, plus particulièrement de son usine française de Saint-Nazaire, où sont produits des sous-ensembles pour la gamme A320, afin de concevoir sa nouvelle ligne de préassemblage de Mirabel.

Celle-ci sera chargée d’installer dans des fuselages venant de Chine et du Royaume-Uni le câblage électrique et les planchers. Dans des phases subséquentes, les toilettes et les cuisinettes seront également intégrées au fuselage dans cette unité de production.

Une fois terminés, ces « sous-ensembles » alimenteront les deux lignes d’assemblage principales de Mirabel et celle de Mobile, en Alabama, pour devenir des avions.

Les travaux de réaménagement ont commencé il y a quelques semaines et se poursuivront jusqu’à la fin de l’année. La ligne de préassemblage n’entrera donc en fonction qu’en 2022.

Une centaine de travailleurs seront affectés à la nouvelle unité, mais Airbus ne sait pas encore s’il s’agira de nouveaux postes ou de réaffectation au sein de ses quelque 2500 salariés québécois.

Objectif : rentabilité

La ligne de préassemblage est l’élément principal du plan d’Airbus pour faire de l’A220 un programme rentable.

« C’est un élément essentiel pour monter en cadence. La montée en cadence nous permettra d’être plus efficaces, et donc de réduire les coûts », a expliqué M. Massou.

Airbus produit actuellement entre trois et quatre appareils A220 par mois à Mirabel. À terme, l’entreprise ambitionne d’en construire 14 par mois, soit 168 par année, à ses usines de Mirabel et de Mobile.

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