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Ouverture du premier site d’injection supervisée à Québec

Un de ses objectifs est d’éviter les surdoses mortelles

Ouverture du premier site d’injection supervisée à Québec
Photo Elsa Iskander

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Le premier site d’injection supervisée de Québec, baptisé L’Interzone, a ouvert ses portes mercredi, après des années de tergiversations. 

C’est finalement au 60, rue Saint-Vallier Est, dans les locaux auparavant occupés par la clinique communautaire SABSA, qu’il sera situé. D’autres emplacements dans le quartier Saint-Roch avaient été examinés dans les années précédentes. 

« Je suis très fébrile, très fière aussi, parce que c’est l’aboutissement d’énormément de travail » avec plusieurs partenaires, a commenté Amélie Bédard, directrice générale de la Coopération de solidarité SABSA. « En termes d’acceptabilité sociale, il y a eu beaucoup de chemin parcouru aussi. » 

Amélie Bédard, directrice générale de la Coopération de solidarité SABSA, en avant premier site d’injection supervisée de Québec, baptisé «L’Interzone». Le centre qui a ouvert ses portes le 31 mars 2021 est situé au 60 rue Saint-Vallier Est, dans les locaux auparavant occupés par la clinique communautaire SABSA.
Photo Elsa Iskander
Amélie Bédard, directrice générale de la Coopération de solidarité SABSA, en avant premier site d’injection supervisée de Québec, baptisé «L’Interzone». Le centre qui a ouvert ses portes le 31 mars 2021 est situé au 60 rue Saint-Vallier Est, dans les locaux auparavant occupés par la clinique communautaire SABSA.

Décès

Un des principaux objectifs du centre, qui permettra aux utilisateurs de drogues par injection ou inhalation de consommer sous la supervision de professionnels de la santé, est d’éviter les surdoses mortelles. 

Entre 2008 et 2019, en moyenne 23 personnes par an sont décédées d’intoxication aux drogues dans la région de la Capitale-Nationale. La moitié impliquaient des opioïdes. Il y a eu 55 signalements en 2020

Alexandre Pelletier est pair aidant à L’Interzone, le premier site d’injection supervisée de la ville de Québec, qui a ouvert ses portes le 31 mars 2021 dans le quartier Saint-Roch.
Photo Elsa Iskander
Alexandre Pelletier est pair aidant à L’Interzone, le premier site d’injection supervisée de la ville de Québec, qui a ouvert ses portes le 31 mars 2021 dans le quartier Saint-Roch.

Ce service vise aussi à diminuer les risques de santé liés à l’injection, ainsi que les seringues laissées dans des endroits publics, et à faciliter l’accès au traitement des dépendances. Cinq cubicules et du matériel stérile sont à disposition. Des infirmières, intervenants et pairs aidants sont également présents. « On peut tester le produit, on a des bandelettes qui détectent le fentanyl », dit Mme Bédard.   

Du matériel stérile sera disponible pour les utilisateurs de drogues qui fréquenteront L’Interzone, premier site d’injection supervisée de Québec, qui a ouvert ses portes les 31 mars 2021, sur la rue Saint-Vallier Est.
Photo Elsa Iskander
Du matériel stérile sera disponible pour les utilisateurs de drogues qui fréquenteront L’Interzone, premier site d’injection supervisée de Québec, qui a ouvert ses portes les 31 mars 2021, sur la rue Saint-Vallier Est.

Liens de confiance

Il ne suffit pas d’ouvrir les portes pour que la clientèle utilise les services offerts. Comme l’explique Mme Bédard, il faudra bâtir des liens de confiance avec une clientèle souvent marginalisée. Le bouche-à-oreille est important, tout comme l’embauche de pairs aidants.  

Du matériel stérile sera disponible pour les utilisateurs de drogues qui fréquenteront L’Interzone, premier site d’injection supervisée de Québec, qui a ouvert ses portes les 31 mars 2021, sur la rue Saint-Vallier Est.
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Du matériel stérile sera disponible pour les utilisateurs de drogues qui fréquenteront L’Interzone, premier site d’injection supervisée de Québec, qui a ouvert ses portes les 31 mars 2021, sur la rue Saint-Vallier Est.

« Des fois, les gens sont plus à l’aise avec quelqu’un qui a vécu ça », fait valoir Alexandre Pelletier, proche aidant à L’Inter-zone, qui a été consommateur par le passé. « C’est sûr qu’il va y avoir un décalage avant que les gens commencent à venir. Mais je pense que ça va venir tranquillement. Le besoin est là. »

Ouverture du premier site d’injection supervisée à Québec
Photo Elsa Iskander

Les surdoses non mortelles ont augmenté depuis le début de la pandémie, selon la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale. Il y en a eu 121 depuis le début 2021, contre 150 au total en 2020.