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«Avoir l’heure juste» sur la pandémie: des experts critiquent la façon de faire du gouvernement

«Avoir l’heure juste» sur la pandémie: des experts critiquent la façon de faire du gouvernement
Photo Stevens Leblanc

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Le gouvernement Legault n’aurait pas dû laisser miroiter la fin des mesures restrictives à Québec, à Lévis et à Gatineau pour le 12 avril, car la situation risque de perdurer, selon des experts.

«Je suis prêt à parier une somme importante que ça va être plus que 11 jours. On observe une accélération avec le variant», laisse tomber Damien Contandriopoulos, chercheur à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal.  

À son avis, le gouvernement du Québec fait la même erreur que plusieurs autres États et a cédé aux pressions populaires pour déconfiner alors que le taux de vaccination de la population ne le permettait pas. «Les gens sont à bout et le gouvernement le lit bien, mais on leur répond que ça ne va pas durer longtemps, comme à des enfants à qui on dit qu’on est bientôt arrivés alors qu’il reste trois heures de route. C’est dangereux», ajoute le chercheur, «car les gens finissent par ne plus y croire». 

Difficile de reconnaître que ça va moins bien 

Le professeur de science politique Thierry Giasson de l’Université Laval aurait lui aussi préféré un message prudent. Au lieu de donner un calendrier difficile à tenir, il aurait mieux valu dire que «jusqu’à nouvel ordre, voici les conditions qui vont s’appliquer, et tu expliques pourquoi», dit-il.   

Il estime que M. Legault tente depuis trop longtemps de faire passer le message en étant positif. Le chef caquiste, qui mise beaucoup sur le nationalisme et la fierté, «a de la difficulté à expliquer aux Québécois qu’ils ont des problèmes, et à reconnaître quand ça va moins bien au Québec», souligne-t-il. Le reconfinement fait d’autant plus mal que la semaine dernière, M. Legault disait que le Québec résistait au variant.  

La spécialiste en santé publique Roxane Borgès Da Silva tique également lorsqu’elle entend l’analogie de la lumière au bout du tunnel. «Je suis encore dans le tunnel, personnellement. On ne sait pas quand on va en sortir», dit-elle. L’ouverture des gyms – des endroits fermés où on respire fort – par exemple avait été critiquée par plusieurs experts. Elle déplore également qu’on permette les rassemblements de 250 personnes dans les lieux de culte en zones rouges.   

Jouer franc-jeu

Et aujourd’hui, Québec cible «les jeunes adultes, les montre du doigt, ce n’est pas la bonne approche», dit-elle. Il y a une responsabilité partagée dans l’explosion des cas à Québec, selon elle.   

À l’Assemblée nationale, les partis d’opposition dénoncent également le yoyo gouvernemental. «À Québec, sur la rue Saint-Jean, il y avait un restaurateur en pleurs en pensant à toutes les commandes qu’il avait faites. Il ne savait pas ce qu’il allait faire de tout ça», a déploré la cheffe libérale Dominique Anglade.  

Elle demande au premier ministre de jouer franc-jeu avec la population. «On lui demande de nous dire ce qui se passe, de nous donner les scénarios. Si le scénario, il est positif, on veut le savoir. Si le scénario est négatif, on veut le savoir. Mais ce que l’on veut, c’est avoir l’heure juste», a-t-elle lancé.   

Québec solidaire estime, de son côté, que le message trop positif du gouvernement a été nuisible: «En répétant pendant des semaines aux Québécois et aux Québécoises que le Québec résistait aux variants et à la troisième vague, François Legault a créé un faux sentiment de sécurité», croit le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.  


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