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Montée rapide des cas: appel à l’aide des hôpitaux de Québec

La montée des cas de COVID-19 nous envoie dans le mur, préviennent le CHU, l’IUCPQ et la Santé publique

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La Santé publique et les hôpitaux de Québec sonnent l’alarme. La transmission exponentielle du virus doit être ralentie pour éviter le point de rupture qui guette les départements de soins intensifs dans les prochaines semaines.

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« L’ampleur actuellement de la troisième vague, en termes de montée rapide, semble supérieure à ce qu’on a connu dans les deux premières. En gros, nous craignons beaucoup ce qui est devant nous », a affirmé, l’air grave, le Dr Stéphane Bergeron, directeur des services professionnels du CHU de Québec.

En somme, c’est un véritable appel à l’aide à la population de Québec qu’ont lancé jeudi les médecins et la Santé publique. 

Le Dr Stéphane Bergeron
Photo Stevens Leblanc
Le Dr Stéphane Bergeron

« Nous n’y arriverons pas seuls », implore le Dr Bergeron.

Pour illustrer l’urgence d’agir, le chef des soins intensifs de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) expliquait que de quatre patients COVID sur les unités de la région il y a à peine deux semaines, on en compte maintenant une vingtaine. 

Et comme les patients sont plus jeunes, les hospitalisations sont plus longues. 

« Les séjours durent deux à trois semaines. [...] En trois semaines, sur un lit, je fais trois pontages coronariens. Donc un patient COVID aux soins intensifs, c’est 15 pontages ou 10 chirurgies pour cancer qui ne se font pas si on vit avec un dépassement de ressources comme ça s’annonce », prévient le Dr Mathieu Simon.

Le Dr André Dontigny
Photo Stevens Leblanc
Le Dr André Dontigny

Montée exponentielle

Ces choix déchirants sont directement liés à l’emprise tentaculaire qu’a effectuée le virus sur Québec. 

Quelque 74 éclosions actives et 261 nouveaux cas déclarés jeudi. Des chiffres qui donnent le tournis au directeur régional de santé publique, qui prévient que le bilan sera encore pire vendredi.

« C’est exponentiel. Le taux de reproduction tourne autour de 1,5 [par personne atteinte du virus] », explique André Dontigny, précisant qu’un tel taux pourrait faire passer Québec à plus de 600 cas en quelques jours à peine si rien n’est fait.

Surtout qu’une éclosion non contrôlée peut faire des ravages. Celle du Méga Fitness Gym a maintenant infecté 141 personnes et est liée à 21 éclosions dans d’autres milieux.

L’idéal aurait été 28 jours

Le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, le D<sup>r</sup> André Dontigny, le directeur des services professionnels du CHU de Québec, le D<sup>r</sup> Stéphane Bergeron, et le chef des soins intensifs de l’IUCPQ, le D<sup>r</sup> Mathieu Simon (écran), ont fait le point sur l’impact appréhendé de la situation épidémiologique sur les capacités hospitalières régionales.
Photo Stevens Leblanc
Le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr André Dontigny, le directeur des services professionnels du CHU de Québec, le Dr Stéphane Bergeron, et le chef des soins intensifs de l’IUCPQ, le Dr Mathieu Simon (écran), ont fait le point sur l’impact appréhendé de la situation épidémiologique sur les capacités hospitalières régionales.

Et 10 jours, est-ce que ce sera suffisant pour « casser » la vague ? Rien n’est moins sûr.

Le Dr Dontigny affirme qu’une plus longue période aurait été idéale, mais que l’adhésion des gens devait être prise en compte.

« Idéalement, on est 28 jours tout le monde chez soi pour totalement casser la situation », indique le médecin, ajoutant que le « remède extrêmement intense » aurait eu des impacts sur l’acceptabilité sociale, rappelant malgré tout le risque des variants.

Transmission sous-estimée

Son homologue de Chaudière-Appalaches croit d’ailleurs que la population a peut-être sous-estimé cette transmissibilité. Certaines mesures seraient donc à revoir.

« Si vous croyez pouvoir baisser votre masque pour parler parce que vous êtes à deux mètres, vous vous trompez », explique Liliana Romero.

« Le couvre-visage, il ne faudrait plus en porter, mais plutôt toujours avoir des masques de qualité médicale, des masques de procédure », ajoute-t-elle.

Et pour les prochains jours, il faudra limiter les contacts au strict minimum, insistent l’ensemble des experts.

L’impact exponentiel d’un taux de reproduction du virus à 1,5   

(à titre d'exemple)

  • Jour 1 : 130 cas 
  • Jour 2 : 200 cas 
  • Jour 3 : 300 cas 
  • Jour 4 : 450 cas  
  • Jour 5 : 675 cas  

Source : Santé publique de la Capitale-Nationale

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