/news/politics
Navigation

L’Association des plaisanciers du port de plaisance de Lachine retire sa demande d’injonction

Coup d'oeil sur cet article

Près de six mois après avoir déposé une injonction contre la Ville de Montréal pour empêcher la fermeture de la marina de Lachine, l’Association des plaisanciers du port de plaisance de Lachine (APPPL) a mis fin au recours juridique, jeudi.

• À lire aussi: Marina de Lachine: le conflit se poursuit entre les citoyens et les plaisanciers

• À lire aussi: Les plaisanciers chassés de la marina de Lachine

«Devant les contestations acharnées et continues de la Ville de Montréal sur tous les arguments de l’Association, on en est venu à épuiser nos ressources financières. C’est un combat de David contre Goliath», s’est désolée en entrevue Josée Côté, présidente de l’APPPL.

Elle a ajouté que l’association entend poursuivre son combat sur le plan politique pour faire entendre la voie des plaisanciers.

«On continue de trouver que la Ville nous a manqué de respect et nous a accordé un délai déraisonnable, alors qu’ils savaient depuis l’automne 2019 qu’ils voulaient la fermer» a dénoncé Mme Côté.

Elle remet toujours en doute certains des arguments de la Ville, rappelant que le projet de parc ne sera pas prêt avant quatre ans, et qu’il aurait été possible de permettre une cohabitation entre les différents usagers sur le site.

Du côté de l’administration de la Ville de Montréal, on s’est réjoui de la nouvelle.

«Nous avons hâte de travailler, maintenant, sur les usages transitoires et la planification de ce site exceptionnel qui nous appartient à tous», a déclaré par communiqué la mairesse de Lachine, Maja Vodanovic.

Le conflit entre les plaisanciers et la Ville avait commencé en juillet dernier, lorsque l’arrondissement de Lachine avait annoncé que le port de plaisance serait transformé en parc riverain.

L’association des plaisanciers avait alors été créée pour empêcher la fermeture de ce qui était la plus grande marina à Montréal. En octobre dernier, elle avait lancé une demande d’injonction afin d’empêcher la Ville d’aller de l’avant.

«Nous sommes ravis de pouvoir maintenant nous concentrer sur une vision d’avenir pour ce parc riverain, et d’y offrir dès cet été une programmation transitoire qui inclura une variété d’activités pour l’ensemble des citoyens», a déclaré Robert Beaudry, responsable des grands parcs au sein du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Dans les prochaines semaines, la Ville de Montréal amorcera un processus de consultations publiques qui portera sur la vision finale du parc à réaliser. Une programmation transitoire sera aussi annoncée pour le site.

Le retrait de la demande d’injonction survient alors que le Procureur général du Québec s’est rangé du côté des arguments de la Ville, expliquant que la présence d’un bail pour la marina n’empêchait pas sa transformation.

«Pour le ministère, ce bail n’exige pas d’assurer la présence d’une marina ou d’installations en permettant l’exploitation. En effet, même si le bail n’avait pas atteint son échéance, il n’empêcherait d’aucune façon la Ville de retirer ces installations», expliquaient les avocats du Procureur général du Québec, dans une lettre que le «Journal» a pu obtenir.

Le Procureur général du gouvernement du Canada a également indiqué que la Ville n’avait pas besoin de demander une autorisation de la part de Transports Canada pour fermer le port de plaisance.

«C’est avant d’entreprendre des travaux dans les eaux navigables qu’une autorisation de Transports Canada devient nécessaire. Nous comprenons que la Ville de Montréal demandera une telle autorisation avant de procéder à quelques travaux dans les eaux navigables», indiquait une seconde lettre, que le «Journal» a également pu consulter.