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Voici pourquoi de plus en plus de jeunes pourraient choisir les régions plutôt que Montréal

Voici pourquoi de plus en plus de jeunes pourraient choisir les régions plutôt que Montréal
Photomontage Marilyne Houde

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Plusieurs personnes qui rêvaient de s’installer en région sont passées à l’action en pleine pandémie: Montréal a perdu près de 36 000 résidents en 2020, le plus important déficit démographique en 20 ans. De jeunes urbains avides de nature ont profité de la pandémie pour s’exiler en région dans le but d’y fonder une famille, y travailler... et se lancer en affaires.

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Les Laurentides, Lanaudière, l’Estrie, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent sont les nouveaux chouchous du Québec. Les raisons sont nombreuses : grands espaces, rythme de vie moins effréné qu’en ville, maisons plus abordables, possibilité de télétravail...  

«Il y a eu une augmentation de nos services en 2020», confirme le directeur général de l’organisme Place aux jeunes en région, Frédéric Raymond. «La COVID a accéléré les projets des jeunes de 18 à 35 ans.» 

Envie de liberté 

Bien qu’il soit difficile de quantifier le nombre d'entrepreneurs parmi les jeunes qui sont allés s’installer en région, l’ex-professeure de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Myriam Simard, voit un lien clair entre l’entrepreneuriat et la migration vers la région.  

«Les jeunes qui vont en région sont plus éduqués. Ils ont pour la plupart connu un emploi en ville et ils ont envie de liberté. L’envie de lancer une entreprise est un projet longuement pensé qui a été accéléré par la pandémie», explique la chercheuse spécialisée en immigration en région et membre du Partenariat Familles en mouvance de l’INRS.  


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Internet haute vitesse et achat local comme aimants  

L’envie de se lancer en affaires en région risque d’être encouragée au cours des prochaines années pour deux raisons toutes simples : l’accès à l’Internet haute vitesse qui sera disponible partout au Québec et l’engouement autour de l’achat local.  

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«Les jeunes contribuent énormément à revitaliser les villages, explique Myriam Simard. Je constate que c’est nouveau, mais il y a un mouvement d’achat local et ça va encourager les jeunes entrepreneurs.»  

D’autre part, le projet de Québec et d’Ottawa de brancher 148 000 foyers en région d’ici 2022 pourrait encourager les jeunes à déménager à la campagne. «Beaucoup sont en télétravail et l’internet [basse vitesse] est un réel obstacle pour eux. Du même coup, [l’arrivée d’internet haute vitesse] risque d’encourager beaucoup de jeunes entrepreneurs», prévoit la spécialiste.  

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On ne quitte plus les régions  

On entend souvent dire que les jeunes ont déserté les régions au profit des grandes villes, mais ce n’est pas aussi tranché.  

«Entre 2000 et 2020, il y a eu un recul marqué de jeunes qui quittent les régions. En 2020, il n’y a pas eu de solde migratoire négatif. L’indicateur, c’est qu’il y a très probablement de moins de moins de jeunes qui quittent», explique le président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), Pierre Graff.  

«Si on est capables d’enrayer le phénomène [d’exode] et qu’on note une croissance, ça aura comme impact de stabiliser la population en région. L’important, c’est que plus de gens reviennent [en région] et restent», ajoute Pierre Graff. 

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Des allers-retours 

Ici, une nuance importante s’impose. «Déménager à la campagne ne veut pas dire rompre définitivement avec la ville, insiste Myriam Simard. Il y a plutôt un mouvement d’aller-retour.»  

«La migration se fait souvent selon les étapes de la vie, dont la création d’une famille. Quand les enfants grandissent, la famille peut redéménager en ville pour ensuite revenir en campagne lors de la préretraite par exemple», donne en exemple l’ex-chercheuse.  

Source des données : Institut de la statistique du Québec (ISQ) 

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