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Manque de places en garderie: des locaux fin prêts, un permis refusé

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Pendant que de nombreux parents de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont contraints de demeurer à la maison faute de places en garderie, une propriétaire de garderie privée non subventionnée s’est vu refuser un nouveau permis.

La garderie Les Rikikis compte 80 enfants, dont 10 poupons, âgés entre 0 et 18 mois. Chaque semaine, la propriétaire, Maria Lira Bellorin, reçoit des appels de parents en larmes.

«Quand vous m'avez contactée pour vous parler, j'avais une maman qui pleurait au téléphone. Qui me disait: "Je ne sais pas quoi faire, je suis vraiment désespérée"», a-t-elle dit à TVA Nouvelles.

Pour tenter d'aider davantage de familles, Mme Lira Bellorin a fait l'acquisition d'un autre immeuble pour y ouvrir 56 places, dont 20 pour les poupons. Voulant accélérer le processus, elle a entrepris de faire les travaux en même temps qu'elle faisait sa demande de permis.

«La personne qui a fait les plans, c'est un architecte qui a fait les plans de plusieurs dizaines de projets en garderie», a-t-elle affirmé.

800 000$ plus tard, la réponse du ministère est tombée: refusé. «En juin 2020, ils me disent que ce n'est pas réaliste. Mais c'était déjà prêt! Alors je prends des photos et je dis que mon échéancier tient la route. Ensuite, ils me répondent que je n'ai pas attendu leur OK, donc qu'ils refusent mon permis!»

Comble de l'ironie pour la propriétaire: pour payer l'hypothèque, elle s'est résignée à louer la bâtisse. Et c'est un CPE qui a dû se relocaliser d'urgence qui s'y est installé. «Ils ont dit que nos installations étaient correctes, qu'elles étaient aménagées selon les critères du ministère pour accueillir un CPE qui devait être relocalisé.»

La Mauricie et le Centre-du-Québec comptent 3000 enfants sur la liste d'attente du guichet unique en garderie. Dans ces circonstances, pourquoi de nombreuses demandes de permis pour des garderies privées sont-elles refusées par le ministère de la Famille depuis des années?

Mme Lira Bellorin a sa petite idée. «C'était imprévisible, l'exode qu'il y a eu de la grande ville vers Trois-Rivières. J'ai des parents qui arrivent de France, qui arrivent de Montréal, de Québec. Comment pouvaient-ils prévoir ça? On ne peut pas se fier sur un document qui a été fait en 2017-2018 pour dire "on refuse les projets parce que l'offre et la demande sont en équilibre en Mauricie!"»

La garderie a finalement décidé de faire une nouvelle demande en espérant pouvoir ouvrir dès que le CPE aura réintégré ses propres locaux.