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Théâtre Duceppe: une sortie presque «comme avant»

Théâtre Duceppe: une sortie presque «comme avant»
PHOTO COURTOISIE / Danny Taillon

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On l’attendait avec impatience, cette première sortie au théâtre depuis l’automne. Le Théâtre Jean-Duceppe rouvrait ses portes à Montréal jeudi, avec à son affiche l’excellente production L’amour est un dumpling. Et c’était «presque comme avant» la pandémie, hormis les masques, la distanciation et les... 177 spectateurs pour 750 sièges.

Une pièce de théâtre de 90 minutes débutant à 19h, c’est déjà exceptionnel, mais tous les moyens sont bons pour rêver un brin le temps d’un début de soirée, en période de couvre-feu. La représentation terminée, à 20h40, l’assistance avait déjà déserté l’espace.

Théâtre Duceppe: une sortie presque «comme avant»
PHOTO COURTOISIE / Danny Taillon

Même en l’absence d’accolades habituellement propres aux soirées mondaines, une authentique frénésie de première médiatique flottait dans l’air. Après tout, on se retrouvait après de longs mois de pause culturelle et humaine.

Nombre d’artistes – Gilles Renaud et Louise Turcot, Marie-Soleil Dion et Louis-Olivier Mauffette, Simon Boulerice, Pierre Bruneau et Yves Jacques – avaient répondu présents. La classe politique était également dignement représentée, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’étant déplacées pour cette occasion très spéciale.

Avec masque

Bien sûr, ce n’était pas exactement, complètement «comme d’habitude». Surtout à l’arrivée.

Théâtre Duceppe: une sortie presque «comme avant»
PHOTO COURTOISIE / Danny Taillon

Place des Arts presque vide, flèches au sol, désinfectant à mains obligatoire avant de s’engager dans le long couloir de cordons menant à la billetterie, masques de procédure distribués au besoin, photographes dispersés ici et là dans le grand foyer feutré de la maison Duceppe en l’absence de réel tapis rouge, malgré la présence des personnalités connues... On commence à connaître la rengaine.

Surtout, l’image du parterre clairsemé (177 âmes réparties dans des gradins pouvant en contenir 750, réitérons) frappe l’imaginaire. Et ce tissu de protection qu’on doit garder accroché aux oreilles pour l’entièreté du spectacle agace parfois un peu, avouons-le.

Théâtre Duceppe: une sortie presque «comme avant»
PHOTO COURTOISIE / Danny Taillon

Mais on acceptera aisément les petits désagréments pour revivre le bonheur de se faire raconter une histoire en salle, avec des acteurs en chair et en os et de vrais rires autour de nous. Le bonheur de l’art vivant au pur sens du terme.

Règlement de comptes

S’il y avait moins de monde aux pieds des comédiens, le public qui y était, jeudi, n’a pas été moins enthousiaste devant les savoureux échanges des comiques ex-amoureux de L’amour est un dumpling.

Théâtre Duceppe: une sortie presque «comme avant»
PHOTO COURTOISIE / Danny Taillon

Marc (Simon Lacroix) et Claudia (Nathalie Doummar) sont d’anciens musiciens qui se retrouvent le temps d’un souper ponctué de bons souvenirs et de gentils règlements de comptes.

Cette histoire contemporaine et actuelle – montée pour la première fois à La Licorne en 2017, sous la plume de Mathieu Quesnel et Nathalie Doummar – est aussi délicieuse qu’un festin asiatique. N’importe quels ex demeurés un tantinet cordiaux après une relation s’y reconnaîtront. Elle, peinant à se remettre du fait que son âme sœur d’autrefois est maintenant «casée» en banlieue avec quatre enfants, fourgonnette et boulot en pub, lui, qui fantasme encore sur leurs batifolages d’antan... Et cette demande inattendue qui survient en cours de souper, teintant de manière indélébile une autre rencontre des années plus tard: L’amour est un dumpling déride, attendrit, résonne et file comme un éclair. Une œuvre parfaite pour réveiller le cœur des amoureux des planches, un peu enlisés par l’absence ces derniers mois.

Le Théâtre Duceppe présente L’amour est un dumpling jusqu’au 25 avril. Une webdiffusion est également disponible (duceppe.com).